histoires

Mais où est passé Pépé ?

Une histoire écrite par Emma Baron

 

Fini le mois de juin, finis l’école et les copains.
Bonjour les vacances dans le beau village de Provence.

Ce matin, chacune un panier sous le bras, Mamie et moi emmenons Pépé au village
faire notre marché.

Mais en arrivant près de la vieille fontaine, Mamie rencontre une voisine, puis deux,
puis trois. Les voilà qui papotent. Je tire Mamie par la manche, une fois, puis deux
puis trois mais elle ne m’entend pas. Alors, je baille et je laisse partir mes
yeux en balade.

Sous un marronnier, j’aperçois un chien courir après un chat et le chat courir après les
pigeons et les pigeons courir après les miettes d’un sandwich au jambon.

La grosse cloche de l’Église se met à sonner. Il est déjà midi et Mamie n’a pas vu le
temps filer. Les voisines se disent « bonne journée » et vont faire leur marché. Le
chat s’est perché sur une branche, le chien, assis, le regarde la langue pendante.
Quant aux pigeons, ils se sont envolés.

Nous nous retournons, et qui n’est plus là ? Qui a disparu ?
C’est Pépé !
« Nom d’un petit diable ! » s’écrie Mamie.
« Mais où est-il parti ? » je demande, abasourdie.

Puis je m’exclame : « Il faut le retrouver ! »
Et Mamie dit : « Retrouvons-le ! »
Ni une ni deux, à sa recherche, nous voilà parties.

D’abord, nous allons chez le poissonnier.

Mamie cherche sous les moules, sous les saumons, sous les araignées de mer et
même sous les gros crabes qui essayent de la pincer.
Je lui dis : « Mamie voyons, Pépé est bien trop grand, tu ne crois pas, pour se cacher
par là ! »
« Tu as raison, Pépé n’est pas ici. » me répond Mamie bien ennuyée.

Mais avant de partir, Mamie achète des huîtres pour le déjeuner.
Nous allons ensuite chez le fromager.

Cette fois, c’est moi qui me met à chercher Pépé parce que Mamie, elle a souvent de
drôles d’idées.
Je regarde derrière le comptoir et derrière les grandes caisses en bois mais toujours
pas de Pépé ! Seulement du gruyère, du brie et de belles meules de Comté.
Je dis à Mamie : « Essayons ailleurs ! »

Mais avant de partir, Mamie achète un gros morceau de camembert et une tome de
Savoie parce que Pépé adore ça !
« Ailleurs, allons-y ! » me répond ma Mamie qui déjà est sortie.

D’un bon pas, nous marchons vers le boucher-charcutier.

Mamie cherche à droite et moi à gauche. Rien sous les pâtés. Rien sous les steak
hachés.
Mamie demande au boucher : « Par le plus grand des hasards, n’auriez-vous pas
transformé mon mari en saucisse ? »
Le boucher fronce les sourcils. Mamie avec ses blagues va nous faire avoir des
ennuis. Je la tire par la manche et je lui dis : « Mamie, Pépé n’est pas ici ! »
« Mais où est-il passé, mon coquin de mari ? » me répond Mamie en sortant son
portefeuille aux couleurs tape-à-l’oeil.

Mais avant de partir, Mamie achète quelques rondelles de saucissons, trois belles
tranches de jambon et du boudin aux oignons sans oublier du mou pour Norbert, le
gros chat de gouttière.

Puis je dis à Mamie : « Allons chez le primeur. »

Quelle bonne idée ! Il y a des fruits et des légumes. C’est plein de couleur et de soleil.
Je regarde derrière les cageots de cerises et de fraises, Mamie derrière ceux de
poireaux et d’artichauts.
Une framboise au bout de mes dix doigts, je me régale en écoutant les cigales.
Quant à Mamie, elle discute avec le vendeur.

Les framboises, c’est cadeau mais pas les épinards et les choux de Bruxelles que
Mamie veut cuisiner pour ce midi au déjeuner.
Et avec tout ça, toujours pas de Pépé !

Nous allons ensuite chez le fleuriste.

Pépé aime beaucoup les fleurs. A la maison, il les fait pousser en bouquet pour faire
plaisir à sa dulcinée et lui rappeler, non trop s’en faut, à quel point elle est aimée.
Mais derrière les bleuets et les oeillets, derrière les dahlias et les hortensias, derrière
les oliviers et les orangers, nulle trace de Pépé !

Mais avant de partir, je demande à ma Mamie un tout petit peu d’argent bien
poliment.
Curieuse, elle me demande : « Que veux-tu donc acheter ? »
En souriant, je lui réponds : « C’est une surprise ! » et puis je la fais sortir.

Lentement et doucement, derrière elle, je m’approche le coeur battant.
Pour lui offrir une belle rose blanche et pour lui dire combien je l’aime.
Dans ses bras, Mamie me serre et me murmure des mots tout doux quand tout à coup,
je m’exclame : « Et pépé ? On l’a complètement oublié ! »
Mamie ne sait plus trop où aller pour chercher Pépé.

Je lui propose : « Allons à la poste ! Il a peut-être du courrier à envoyer. »
A la poste, nous entrons. Mais derrière les guichets, toujours pas de Pépé !
Seulement des colis, des lettres et des gens qui font la queue bien patiemment.

Mais avant de repartir, Mamie sort une grande enveloppe pleine de mes dessins pour
l’envoyer à mon papa et à ma maman qui habitent beaucoup trop loin.

Quand nous sortons, une odeur chatouille mes narines. Je dis à Mamie :
« Mmm ! Comme ça sent bon par là-bas ! »
« Allons-y vite ! » dit Mamie.
Nous nous dépêchons d’aller chez le boulanger-pâtissier.

Ah ! Les belles pâtisseries !
Ah ! Les belles baguettes !
Mamie achète un bon gros pain de campagne et quelques chouquettes.

Oh ! Oh ! Mais qui voyons-nous caché derrière la jolie vitrine garnie de
gourmandises ?
C’est Pépé bien sûr !
Le nez dans les éclairs au café et la bouche pleine de flan pâtissier.

Je passe mes bras autour de son cou et je lui demande : « Mais Pépé, pourquoi es-tu
parti comme ça, sans un bruit en catimini ? »
Mais bien attrapé, Pépé n’a pas le temps de me répondre que Mamie lui donne nos
deux paniers à porter et le traîne sur le chemin de la maison.

Une fois rentrés, c’est au tour de Mamie de cuisiner. Elle nous dit : « Voilà ce qu’il y
a pour le déjeuner :
Du jambon aux choux de Bruxelles.
Du boudin noir aux épinards.
Sans oublier des huîtres au camembert pour nous régaler au dessert ! »
Quel menu ! Je comprends maintenant pourquoi Pépé s’est sauvé !

Le plus heureux dans cette histoire, c’est Norbert, le gros chat de gouttière. Il savoure
le mou que Mémé lui a acheté.
Soudain me vient une idée. Alors, je murmure à mon Pépé, adoré et tant aimé : « La
prochaine fois, n’oublie surtout pas de m’emmener avec toi discuter avec les beaux
macarons et les jolies tartes au citron ! »
FIN

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