Poésies

La mort du coquillage

Abandonné par la mer,
Soulevé par les vagues passagères,
Balancé sous les reflets nacrés des eaux,
Il embrasse les milliers de grains d’or,
Dans la chaleur du soleil,
Jusqu’à ce qu’une main l’invite,
Dans un ultime voyage,
A s’endormir sur un tombeau,
De rêves choisis.

Emma Baron

Poésies

Quand je serai grande

Quand je serai grande,
Je changerai le monde,
J’expliquerai aux Hommes,
Qu’apprendre à s’aimer,
Ce n’est pas si compliqué.
Et je poserai sur les immeubles,
De grands oiseaux en papier mâché,
Et je peindrai dans les bureaux,
Les bureaux des grands qui oublient de rêver,
Des animaux de toutes les couleurs,
Pour leur faire oublier leurs malheurs,
Et j’irai dans les jardins,
Les jardins du monde entier,
Planter dans chaque pot de fleur,
Les graines du bonheur,
Pour faire de ce monde,
Un monde meilleur.

Emma Baron

Poésies

Le jardin intérieur

A ma fille, Mélianne

Il existe un endroit, un lieu unique où personne d’autre que moi ne peut aller.

Je suis la seule personne sur cette Terre à en posséder la clef.

Dans ce grand jardin, je suis en sécurité.

Je suis chez moi.

Je peux être heureuse et je peux être triste.

Je peux être moi-même.

Ici, le temps n’existe pas.

Seul le murmure du vent dans les saules est invité à venir me rencontrer.

Les moineaux et les ramiers volent dans un ciel limpide où le jour et la nuit se confondent en une douce mélodie.

Dans cet immense jardin sauvage, le parfum du chèvrefeuille embaume les cours d’eau où les nénuphars en fleur parlent tout bas aux hortensias.

Ce beau jardin est un lieu unique parce que je l’ai créé.

Il existe seulement parce que j’existe moi aussi.

Chaque fois que j’en ai besoin, je m’y réfugie.

Parfois, je pose ma joue contre l’écorce d’un lilas et je réfléchis sur la vie. Parfois je m’allonge sur la branche haute d’un arbre et je rêve.

Je regarde le ciel puis je ferme les yeux.

J’écoute l’enfant que j’étais et que je ne suis plus.

Je l’écoute rire, je l’écoute pleurer aussi pour pouvoir la consoler.

A la lisière d’un sous-bois, j’aperçois la vieille femme que je serai un jour.

Et prenant ses mains dans les miennes, je souhaite qu’elle puisse me révéler comment ma vie va se terminer.

Et, avant de repartir dans la réalité, je suis en paix avec moi-même,

Sereine et silencieuse comme un train arrêté sur les rails d’une gare abandonnée.

Maintenant c’est à toi que je viens transmettre cette poésie. Crée un jardin aussi beau que celui-ci et cultive-le tout au long de ta vie.

Emma Baron

Poésies

Le pigeon, le chat de gouttière et le chien errant

A Paris sous un pont,
Picore un pigeon,
Des quelques miettes,
D’un sandwich au jambon.

Mais le pigeon n’a pas vu,
Le chat de gouttière le guetter.
Mais le chat n’a pas vu,
Le chien errant approcher.

Brusquement,
L’oiseau s’envole,
Le félin décampe,
Mais le chien, lui, s’ est assis.

Sur sa fourrure sale, il a senti,
La main d’un vieil homme le caresser,
Pour lui faire oublier,
Qu’il est seul à Paris.

Emma Baron

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Les chasseuses de fantômes

Auteur : Emma Baron

Ce mercredi après-midi, Mel a invité ses deux meilleures amies, Linda et Olivia, à la maison pour jouer à la chasse aux fantômes.

Debout au milieu de la chambre, Linda déclare : « C’est moi la chef des chasseuses ! »

« Et puis quoi encore ? » s’exclame Olivia, furieuse. « Pourquoi ce serait toi ? »

« C’est chez moi alors ce serait plutôt à moi d’être la chef. » rétorque Mel.

Après cinq minutes de dure bataille, les trois amies se calment et partent à la chasse aux pas beaux, pas rigolos.

Sur la pointe des pieds, elles longent le couloir quand tout à coup, elles entendent du bruit au grenier. « Tu nous fais une farce ? » demande Olivia.

« Mais non ! » répond Mel. « Allons voir ! »

« Moi la première ! » dit Linda.

« Non, c’est moi la plus courageuse ! » rétorque Olivia.

Les voilà qui se disputent une nouvelle fois.

Intriguée, Mel ne dit rien. La petite fille monte l’escalier tandis que ses amies continuent de rouspéter. Soudain, on entend : « ScroNch ScroMp »

Mel se demande : « Qui est-ce qui peut bien faire ce bruit ? »

En s’affrontant du regard, Linda et Olivia la suivent. Lentement, Mel pousse la porte du grenier. Nom d’un cachalot ! Quel malheur ! Quelle horreur !

Un fantôme très bizarre se tient devant elle. Il n’est pas blanc et transparent mais vert-moisi et tout gluant. Il possède deux grands yeux jaunes tout moches et un air très méchant. Mais que fait-il ? Il dévore les vieilles chaussettes de Mémé Ginette. Mel déglutit. Linda et Olivia reculent en tirant leur amie en arrière.

A toute vitesse, les petites filles dévalent les escaliers et se cachent dans le placard à balai. Assises dans le noir, les yeux grands ouverts, elles tendent l’oreille.

FliuiuUuu.

Quel bruit horrible ! On dirait une méduse qui glisse sur la rampe d’escalier. Sous la porte du placard, les trois copines aperçoivent une ombre avancer sur le sol. Le monstre, le fantôme, le truc approche.

« Vite, il faut s’en débarrasser ! » s’exclame Mel. D’un bond, elle se redresse et allume la lumière. Les filles regardent autour d’elles. Dans un coin, un vieil aspirateur est branché. Voilà, c’est tout trouvé ! Mel empoigne le manche et Olivia ouvre la porte.

La chose est là, horrible et menaçante.

« Oh là là, je tremble de peur ! » ricane-t-elle méchamment.

« T’as raison de trembler ! On va faire de toi de la pâtée ! » lui répondent en cœur les filles. Mel brandit le tuyau vers le fantôme.

« Maintenant ! » crie Olivia.

Linda appuie sur le bouton pour mettre en marche l’appareil.

Viuuuuuu…

Le fantôme est aspiré dans un bruit de succion épouvantable.

BloOoOO BloOoOop

Enfin, on entend POP !

Voilà, le tour est joué ! Le monstre est capturé !

Linda éteint l’aspirateur. De la bave verte dégouline du tuyau. D’un air dégoûté, Mel et Olivia la touchent du doigt sous le regard écœuré de Linda.

Après avoir fini de ratisser les feuilles dans le jardin, la maman de Mel entre dans la maison. Vite, les filles essuient leur main sur leur vêtement.

« Ça alors, vous faites le ménage ? » s’exclame-t-elle, surprise.

« Mais oui. On nettoie à fond la maison » répond Mel en faisant un clin d’œil à Olivia et à Linda.

Quant aux disputes, elles sont belles et bien terminées. Jouer en équipe, c’est quand même bien plus marrant !

« C’est qui les meilleures chasseuses de trucs tout vert-moisi tout pourris ? » demande Mel.

« C’est nous ! » crient les trois copines, victorieuses.

« HIP HIP HIP HOURRA ! »

« HIP HIP HIP HOURRA ! »

FIN

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La boule rouge

Emma Baron

Pour Mélianne

Au beau milieu d’une grande ville vivait un écureuil tout gris, la queue en panache et tout gentil. Il était né ici et il n’avait jamais rien connu d’autre que le bruit des voitures et les vives lumières de la nuit.

Il avait l’habitude de traverser les passages cloutés et l’habitude des humains qui sortent leurs chiens le matin.

Tous les jours, il descendait de son marronnier et prenait le petit chemin pavé du grand jardin pour se rendre au vieux chêne du voisin.

Le gland du matin trouvé, il rentrait chez lui déguster son petit-déjeuner en écoutant les oiseaux gazouiller et les voitures pétarader.

Mais un jour alors qu’il courait dans l’allée, il aperçut devant lui quelque chose qu’il n’avait jamais vu. C’était une boule. Une boule toute rouge.

« Qu’est-ce que c’est que ça ? » se demanda l’écureuil, les moustaches frémissantes. Prudent, il décida de contourner l’obstacle.

Quand il arriva au vieux chêne, il demanda à son ami l’opossum qui se reposait sur une des branches basses de l’arbre :

« Tu as vu sur le chemin ? Il y a une sorte de boule. Elle est rouge et un peu brillante. Qu’est-ce que c’est à ton avis ? »

« C’est un œuf de tyrannosaure, expliqua sur un ton grave, l’opossum en fronçant les sourcils. Fais très attention, si tu y touches, la maman dinosaure viendra et elle te mangera. »

Alors, l’écureuil eut si peur qu’il courut se cacher derrière un vieil arrosoir tout rouillé. Au bout d’un moment, il se mit à réfléchir.

« Les œufs sont dans des nids, se dit-il, ils ne sont pas laissés comme ça au milieu d’une allée. Il faut que je tire cette affaire au clair.»

L’écureuil prit la direction de l’égout pour demander conseil à son ami le raton laveur. Ce dernier était occupé à laver un poisson pané pour son déjeuner.

Il écouta attentivement l’écureuil puis donna son avis : « Peut-être que cet œuf a roulé de son nid. »

« C’est possible mais dans ce cas, il faut le remettre dedans. » dit l’écureuil.

« Mais tu es fou ! s’exclama le raton laveur. Si l’opossum a raison alors le tyrannosaure va nous voir et il nous mangera. » 

« Les dinosaures font trembler la terre quand ils marchent, répondit l’écureuil. S’il arrive, nous le saurons et nous aurons le temps de nous cacher. »

Prudemment, les deux amis approchèrent de l’endroit où se trouvait la boule rouge. Ils cherchèrent le nid partout : au pied des arbres, dans les buissons et même dans de vieux pneus abandonnés… mais rien. Le nid n’était nulle part.

Soudain, la terre trembla.

« Horreur, le dinosaure ! Il nous a trouvé et il va nous manger ! » cria le raton laveur.

Vite, ils coururent se cacher derrière de gros pots de fleurs où rien ne poussait depuis des années.

Quand la terre arrêta de trembler, les deux amis regardèrent par-dessus les jardinières. Il y avait maintenant deux boules rouges au lieu d’une au milieu de l’allée.

« Malheur ! cria le raton laveur. Le dinosaure a pondu ! »

« C’est louche tout de même, dit l’écureuil. Je ne le vois nulle part. Pourtant un tyrannosaure, c’est gros… il ne peut pas avoir disparu. »

« Tu as raison. dit le raton laveur. Oh mais… regarde là-bas ! » 

Un vieux monsieur au visage peu aimable marchait en s’aidant d’une canne. La terre tremblait chaque fois qu’il faisait un pas. Avec difficulté, il enleva ses lourdes bottes et rentra dans sa maison.

« Ça par exemple, dit l’écureuil. C’est lui, le dinosaure ! »

« Il me semblait bien aussi que les tyrannosaures ne vivaient pas par ici. dit le raton laveur. Oh ! Attends un peu, vois qui va là ! »

L’opossum approchait en se dandinant. D’un coup de dents, il croqua dans une des boules rouges.

« Oh le menteur ! pesta l’écureuil. C’était un fruit, il m’a menti pour le garder pour lui !»

Soudain, un filet s’abattit brusquement sur l’opossum qui lâcha la pomme et se mit à gémir.

« Un piège ! »  s’exclama aussitôt l’écureuil qui venait de comprendre.

« C’est bien fait ! » dit le raton laveur en colère.

« Il faut faire quelque chose. s’écria l’écureuil. On ne peut pas le laisser prisonnier. » 

« Mais il a été méchant… » 

« Oui, mais nous ne sommes pas comme lui. Délivrons-le. »

Vite, l’écureuil rongea une par une les cordes du filet. Puis, le raton laveur aida l’opossum à sortir.

L’écureuil dit à l’opossum : « Mentir à ses amis, ce n’est pas très gentil. Cependant, tu m’as appris à ne pas croire tout ce que l’on me dit. »

Honteux, l’opossum les remercia et s’en alla en leur promettant de ne plus jamais recommencer.

FIN

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L’oiseau prisonnier

Auteur : Emma Baron

Luca, Anaïs, Tom, Mathilde et Louise sont dans la cour de récréation. Ils jouent ensemble quand soudain ils voient un oiseau qui a une aile prisonnière d’une grosse branche.

Luca dit : je suis le plus fort, je vais soulever la branche et il va pouvoir s’envoler grâce à mes supers muscles.

Luca tire de toutes ses forces sur la branche mais Luca n’y arrive pas.

Anaïs dit : je suis la plus intelligente, je vais trouver une solution et il va pouvoir s’envoler grâce à mon super cerveau.

Anaïs réfléchit très fort mais aucune idée ne lui vient.

Tom dit : je suis le plus habile, je vais délicatement le sortir de là grâce à ma super adresse.

Tom glisse ses bras sous la branche mais rien à faire, l’oiseau reste coincé.

Mathilde dit : je suis la meilleure, je vais forcement le délivrer grâce à super moi !

Mathilde essaye tout mais malgré tous ses efforts elle n’y arrive pas non plus.

Alors Louise dit : et si on essayait tous ensemble ?

Luca, Anaïs, Tom, Mathilde et Louise réfléchissent, soulèvent et poussent délicatement la branche. Ils réussissent à délivrer l’oiseau. La tourterelle s’envole haut dans le ciel et leur dit merci.