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Les aventures de Super Toutou

Un dessin pour Manon

Emma Baron

Les personnages de l’histoire : Super Toutou, Louise et Mademoiselle Sapmoral

Moi, Super Toutou, je ne suis pas un chien comme les autres. Le jour où un éclair est tombé sur ma niche, j’ai reçu des super pouvoirs. Je peux parler aux enfants et creuser des tunnels à toute vitesse.

Chapitre 1

Manon est à l’hôpital

Cet après-midi, moi, Super Toutou, je suis de bonne humeur. Je flaire mille odeurs le long de la grille de l’école. Tous les enfants jouent dans la cour… enfin tous sauf Louise. Elle est assise seule sur un banc. Comme elle a l’air triste !

Vite, avec mes supers pattes, je creuse un tunnel sous la grille. Et hop, me voilà dans la cour. Je vais la voir.

— Qu’est-ce qui ne va pas ?

Louise m’explique :

— Ma meilleure copine est à l’hôpital. Elle a l’appendicite.

Je me gratte derrière l’oreille et je lui propose :

— Pourquoi ne pas lui faire un dessin ?

Louise trouve mon idée très bonne.

— Je vais demander une feuille et des crayons à la maîtresse.

Elle court vers mademoiselle Sapmoral.

Mais elle revient très décue.

— Elle a dit non, pas maintenant.

Moi, Super Toutou, je n’abandonne pas.

— J’ai une idée ! Attends-moi ici.

Et hop, je creuse un tunnel jusqu’en… Afrique. Je fonce chez mon amie Fatou où l’école est déjà finie.

Je la trouve assise devant son chevalet. Elle peint des baobabs et des singes.

— Super Toutou ? Que fais-tu là ?

— Je me demandais si tu pouvais prêter des crayons et une feuille blanche à une amie ?

— Bien sûr ! Attends-moi là.

Quelques minutes plus tard, elle revient avec le matériel. Je la remercie et hop je repars.

Chapitre 2

Le dessin

Quand Louise me voit revenir avec le matériel, elle n’en croit pas ses yeux. Elle s’allonge et dessine des animaux rigolos pour Manon. Mais la maîtresse arrive. Elle n’est pas contente du tout !

— Que fais-tu par terre ? Tes vêtements sont tout sales ! Et que fait ce chien tout pouilleux dans la cour ?

Louise se relève, secoue son pull et explique :

— C’est pour Manon ! Je lui ai fait un dessin. Et Super Toutou n’est pas pouilleux. Il creuse des tunnels alors forcément, il n’est pas toujours très propre.

Mais Mademoiselle Sapmoral confisque le dessin et les crayons.

Louise met ses poings sur ses hanches.

— Ah non alors ! Ce n’est pas juste !

Mademoiselle Sapmoral fait les gros yeux.

— Pour la peine Louise, tu auras une punition !

Je n’en crois pas mes oreilles de chien. Mademoiselle Sapmoral essaye de m’attraper par le cou, mais je m’échappe. Je n’ai pas dit mon dernier ouaf.

La maîtresse emmène Louise dans la classe alors que la récré n’est même pas terminée. Je m’approche discrètement de la fenêtre. Je vois la maîtresse qui donne une feuille de lignes à recopier à Louise. Puis, j’aperçois le dessin sur le bureau. Quand Mademoiselle Sapmoral s’en va, j’ouvre la fenêtre avec ma truffe.

— Super Toutou ? s’exclame Louise.

Vite je saute dans la classe et j’attrape le dessin dans ma gueule.

— Viens !

Discrètement, nous ressortons dans la cour.

— Accroche-toi à moi. Je t’emmène voir Manon à l’hôpital.

À toute vitesse, je creuse un tunnel. Louise se tient à mon cou. Je creuse si vite qu’elle sent le vent dans ses cheveux. Je suis si excité que je n’en finis plus de creuser.

Je ressors dans un endroit où il fait très froid.

— Ah ça, ce n’est pas la France ! s’exclame Louise en voyant la neige et les icebergs flotter. On dirait plutôt la banquise.

— Nom d’un chien, j’ai creusé trop loin !

Nous repartons. Et cette fois, je creuse moins vite.

Chapitre 3

Visite à l’hôpital

Je ressors dans les jardins de l’hôpital. Son dessin à la main, Louise court voir Manon dans sa chambre.

— Ça alors ! s’exclame Manon en voyant sa copine. T’es pas à l’école ?

— Si, mais Super Toutou a creusé un tunnel pour que je puisse te donner ça. Tiens !

Très contente, Manon s’exclame :

— Merci ! C’est super beau ! Mais la maîtresse ne va pas te gronder d’être partie ?

— Pas si je retourne en classe maintenant. Surtout que je dois encore faire ma punition !

Les deux amies se disent au revoir. Puis, Louise me rejoint dans les jardins.

Alors que nous nous apprêtons à repartir, nous entendons du bruit dans le tunnel. Pourvu que ce ne soit pas la maîtresse ! Tout d’un coup, une dizaine de pingouins sortent du trou.

— Ils ont dû nous suivre ! comprend Louise.

— Oui… On ferait mieux de rentrer.

Quand nous repartons, c’est la pagaille à l’hôpital. Les pingouins s’amusent à glisser sur les trottoirs et les infirmières courent dans tous les sens.

Nous repartons dans le tunnel. Il reste deux minutes avant la fin de la récré. Soudain, la maîtresse est devant nous à quatre pattes. Horreur ! Aussitôt, je creuse dans une autre direction pour l’éviter.

Je ressors dans la cour de l’école. Vite, Louise retourne à sa place. Quand la maîtresse entre dans la classe, elle est furieuse. Mais la directrice entre à son tour.

— Mademoiselle Sapmoral, cela fait… Oh !  Comme vous êtes sale. Ce n’est pas un exemple à donner à Louise. Et pourquoi n’est-elle pas en récréation avec les autres ?

La maîtresse bafouille :

— Louise faisait sa punition quand…

— Quelle punition ? Je ne vois pas de punition… Et que fait ce chien dans la classe ?

La maîtresse me regarde avec horreur. Elle a aperçu le petit bout de papier qui dépasse de ma gueule. Pas besoin de super pouvoirs pour manger les punitions. Nom d’un Super Toutou !

(illustration de fin : les singes de chez Fatou ont envahi la cour et s’amusent dans les arbres.)

FIN

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Le collier de perles

Emma Baron

Pour ma fille, Mélianne

Dans le jardin d’une petite maison habite un gentil lièvre appelé Lucien Luzerne. Alors qu’il déjeune tranquillement, on becque à la porte. Toc toc toc.

« Une lettre pour vous ! » claironne le pigeon facteur de bonne humeur.

Curieux, Lucien Luzerne avale sa carotte et ouvre l’enveloppe.

Mon cher Lucien,

Je t’invite à mon anniversaire.

Ton amie qui t’aime,

Gaby Garenne

« J’arrive ! Je cours ! Je vole ! » s’exclame Lucien Luzerne tout amoureux et tout heureux. Vite, il se fait beau. Vite, il choisit un beau cadeau.

« Un collier de perles grises pour lui faire la plus jolie des surprises. » dit-il et il le met dans un petit sac en papier.

Vite, Lucien Luzerne s’en va sur les chemins, son sac à la main.

Illustration : une ronce déchire un coin du sachet et un trou apparaît. Le lièvre ne s’en rend pas compte.

Alors qu’il traverse une forêt enneigée, Lucien Luzerne aperçoit un écureuil qui s’affaire autour d’un nid, la larme à l’œil.

« Qu’y-a-t-il ? » lui demande-t-il en s’approchant doucement.

« A cause de la tempête, mon nid est tombé, explique madame Écureuil, et maintenant, il est tout cassé. »

Alors le lièvre ramasse plusieurs brindilles puis répare le nid comme il peut. Madame Écureuil le remercie.

« Ce n’est peut-être pas grand chose, dit le lièvre, mais ce que je peux faire, je le fais. »

Et il reprend son chemin en courant sous les beaux sapins blancs.

Illustration : une perle tombe par le trou du sac sous les yeux de l’écureuil.

Au milieu des coquelicots et des bruyères, Lucien Luzerne voit deux jeunes mulots fouiller la terre.

« Que faites-vous ? » leur demande-t-il en s’arrêtant quelques instants.

« Nous cherchons à manger, expliquent les mulots, mais les sangliers ont tout emporté. »

Illustration :paysage de champs fleuris

Lucien Luzerne a sur lui deux sacs de grain. De bon cœur, il les offre aux mulots qui le remercient.

« Ce n’est peut-être pas grand chose, dit le lièvre, mais ce que je peux faire, je le fais. »

Et il repart en sautant à travers champs.

Illustration : deux perles tombent du sac sous les yeux des mulots.

Lucien Luzerne arrive sur une plagetrois petits crabes sont coincés sous une bouteille cassée.

Lucien Luzerne libère les crabes qui le remercient. Puis, il jette la bouteille à la poubelle.

« Ce n’est peut-être pas grand chose, dit le lièvre, mais ce que je peux faire, je le fais. »

Et il embarque à bord d’un très grand bateau.

Illustration: trois perles tombent du sac. Les crabes les récupèrent.

Sur le pont du navire, Lucien Luzerne profite de la brise marine lorsqu’il aperçoit quatre mouettes se battre autour d’un bout de pain.

« Qu’y-a-t-il ? » leur demande Lucien Luzerne en se mêlant de leur querelle.

Mais les mouettes n’écoutent pas. « Ce pain est à moi ! » crient-elles.

Lucien Luzerne prend le pain, le partage en quatre et donne à chacune un morceau.

« Ce n’est peut-être pas grand chose, dit le lièvre, mais ce que je peux faire, je le fais. »

Et Lucien Luzerne descend du bateau et reprend sa route aussitôt.

Illustration : quatre perles tombent du sac sous les yeux des mouettes. Au loin, on voit un deuxième bateau avec les silhouettes des animaux que le lièvre a rencontré.

Son sac à la main, Lucien Luzerne traverse une grande ville quand il voit cinq petites souris,leur tête levée vers le ciel et la bouche grande ouverte.

« Qu’est-ce que vous faites ? » les questionne le lièvre curieux.

« Nous avons soif, expliquent-elles, nous attendons la pluie. »

Le lièvre qui a toujours sur lui une gourde bien remplie, la donne aux souris qui le remercient.

« Ce n’est peut-être pas grand chose, dit le lièvre, mais ce que je peux faire, je le fais. »

Et il repart à grands pas.

Illustration : cinq perles tombent du sac et les souris les ramassent. Les autres animaux arrivent aussi mais on distingue seulement leurs silhouettes au loin.

Le voilà enfin arrivé ! Vite, Lucien Luzerne sonne à la porte de Gaby Garenne. Vite, il ouvre son sac pour prendre son beau cadeau…

Oh ! Plus aucune perle ! Pauvre Lucien Luzerne. Il ne reste que le fil au fond du petit sac vide. Lucien Luzerne, qui était si heureux, est devenu très malheureux.

Soudain, Lucien Luzerne entend du bruit derrière lui…

L’écureuil, les mulots, les crabes, les mouettes et les souris l’ont suivi.

« Ton cadeau n’est pas perdu. » le rassurent les animaux en lui montrant les belles perles qui brillent sous les rayons du soleil.

Soigneusement, ils réparent le collier. Lucien Luzerne les remercie. Comme c’est gentil d’avoir pensé à lui !

« Joyeux anniversaire ! » dit-il à son amie Gaby Garenne.

« Comme c’est beau ! Comme c’est joli ! chantonne-t-elle, ravie. Entre vite, toi et tes amis, pour que je puisse souffler toutes mes bougies. »

FIN