histoires

Un remède pour le grand chêne

Emma Baron

Ce matin, Lula sort de sa cabane construite en haut du grand chêne.

« Brr ! »  dit la petite fille des bois. Qu’il fait froid ! »

Soudain elle s’aperçoit que son arbre a changé. Ses feuilles vertes sont devenues blanches. Mais alors qu’elle examine une feuille, la forêt se met à trembler. Des géants approchent.

« Oh non ! s’exclame Lula. Ils viennent chercher du bois. S’ils découvrent que mon arbre est malade, ils le couperont en premier. Et je suis trop petite pour les effrayer. Il faut vite que je le soigne. »

La petite fille rentre dans sa cabane. De sous son lit, elle sort son livre sur la nature. Elle tourne et tourne les pages quand enfin elle trouve le remède qu’elle cherche.

La maladie de la feuille blanche

Ingrédients :

  • Trois champignons bleu nuit

  • Sept feuilles d’orties

  • Le nectar d’une fleur de paradis

Faire mijoter le tout, étaler la pâte sur l’écorce et attendre toute une nuit.

« Bien, se dit Lula. D’abord les champignons. Je pense savoir où les trouver. »

La petite fille emporte une lanterne et marche jusqu’à une grotte à l’entrée est très étroite.

« Heureusement, je suis assez petite pour me faufiler à l’intérieur. » 

Lula rampe, rampe jusqu’à ce qu’elle trouve les champignons bleu nuit. Elle en prend trois et puis s’en va.

Dans la prairie, Lula trouve facilement des orties.

« Mais comment les cueillir ? » se demande-t-elle, quand soudain elle entend quelqu’un gémir. C’est un ours, la patte attachée à un arbre. Lula s’approche.

« Les géants ont détruit ma tanière, explique-t-il, et ils m’ont tendu un piège. »

Lula passe ses petites mains dans le nœud et libère l’animal.

« Tu peux venir vivre avec moi, propose-t-elle. Mais d’abord, je dois ramasser ces orties. »

« Laisse-moi t’aider. Elles ne me piquent pas. » lui dit l’ours. Et de sa patte griffue, il les cueille.

Sur le dos de l’ours, Lula part à la recherche d’une fleur de paradis, très belle mais très rare. La nuit commence à tomber quand enfin Lula en aperçoit une tout au fond d’un ravin. Pour y descendre, elle sort de sa sacoche une longue corde qu’elle noue à sa taille. Mais il n’y a pas d’arbre pour attacher l’autre bout.

« Peux-tu me retenir ? Je vais aller cueillir la fleur. » 

« Bien sûr, lui répond l’ours, tu es très légère, ce sera facile. » 

Lula descend chercher la fleur. Maintenant, elle a tout ce qu’il faut.

De retour, la petite fille fait bouillir les ingrédients. Le remède prêt, elle l’étale sur le tronc du chêne. Ses feuilles se mettent à luire doucement.

« Maintenant, il devrait guérir » dit Lula à l’ours.

Mais sous la lumière de la lune, ils aperçoivent des ombres sinistres approcher.

« Les géants ! s’exclame Lula. Je suis trop peti… à moins que… »

La petite fille réfléchit.

Les géants sont là. Ils regardent les feuilles du chêne.

« Coupez-le ! » crie leur chef.

Vite, Lula monte sur les épaules de l’ours.

« Mets-toi debout. »  lui murmure-t-elle, et il se dresse sur ses pattes arrières.

A travers le feuillage encore blanc du chêne, la lumière de la lune projette l’ombre chinoise d’un monstre griffu, plus terrifiante encore que les géants… qui s’enfuient en hurlant !

Dans sa cabane, Lula s’endort bien au chaud contre la fourrure de l’ours. Le lendemain, un rayon de soleil la réveille. Vite, elle sort voir les feuilles du chêne. Elles sont vertes à nouveau.

« Tu es guéri ! s’écrie Lula, et malgré ma petite taille, j’ai réussi à faire fuir les géants. »

« Et surtout, lui dit l’ours, tu as le cœur grand comme ça. Merci de m’avoir accueilli chez toi. »  Et il la serre fort dans ses bras.

FIN