histoires

Un remède pour le grand chêne

Emma Baron

Ce matin, Lula sort de sa cabane construite en haut du grand chêne.

« Brr ! »  dit la petite fille des bois. Qu’il fait froid ! »

Soudain elle s’aperçoit que son arbre a changé. Ses feuilles vertes sont devenues blanches. Mais alors qu’elle examine une feuille, la forêt se met à trembler. Des géants approchent.

« Oh non ! s’exclame Lula. Ils viennent chercher du bois. S’ils découvrent que mon arbre est malade, ils le couperont en premier. Et je suis trop petite pour les effrayer. Il faut vite que je le soigne. »

La petite fille rentre dans sa cabane. De sous son lit, elle sort son livre sur la nature. Elle tourne et tourne les pages quand enfin elle trouve le remède qu’elle cherche.

La maladie de la feuille blanche

Ingrédients :

  • Trois champignons bleu nuit

  • Sept feuilles d’orties

  • Le nectar d’une fleur de paradis

Faire mijoter le tout, étaler la pâte sur l’écorce et attendre toute une nuit.

« Bien, se dit Lula. D’abord les champignons. Je pense savoir où les trouver. »

La petite fille emporte une lanterne et marche jusqu’à une grotte à l’entrée est très étroite.

« Heureusement, je suis assez petite pour me faufiler à l’intérieur. » 

Lula rampe, rampe jusqu’à ce qu’elle trouve les champignons bleu nuit. Elle en prend trois et puis s’en va.

Dans la prairie, Lula trouve facilement des orties.

« Mais comment les cueillir ? » se demande-t-elle, quand soudain elle entend quelqu’un gémir. C’est un ours, la patte attachée à un arbre. Lula s’approche.

« Les géants ont détruit ma tanière, explique-t-il, et ils m’ont tendu un piège. »

Lula passe ses petites mains dans le nœud et libère l’animal.

« Tu peux venir vivre avec moi, propose-t-elle. Mais d’abord, je dois ramasser ces orties. »

« Laisse-moi t’aider. Elles ne me piquent pas. » lui dit l’ours. Et de sa patte griffue, il les cueille.

Sur le dos de l’ours, Lula part à la recherche d’une fleur de paradis, très belle mais très rare. La nuit commence à tomber quand enfin Lula en aperçoit une tout au fond d’un ravin. Pour y descendre, elle sort de sa sacoche une longue corde qu’elle noue à sa taille. Mais il n’y a pas d’arbre pour attacher l’autre bout.

« Peux-tu me retenir ? Je vais aller cueillir la fleur. » 

« Bien sûr, lui répond l’ours, tu es très légère, ce sera facile. » 

Lula descend chercher la fleur. Maintenant, elle a tout ce qu’il faut.

De retour, la petite fille fait bouillir les ingrédients. Le remède prêt, elle l’étale sur le tronc du chêne. Ses feuilles se mettent à luire doucement.

« Maintenant, il devrait guérir » dit Lula à l’ours.

Mais sous la lumière de la lune, ils aperçoivent des ombres sinistres approcher.

« Les géants ! s’exclame Lula. Je suis trop peti… à moins que… »

La petite fille réfléchit.

Les géants sont là. Ils regardent les feuilles du chêne.

« Coupez-le ! » crie leur chef.

Vite, Lula monte sur les épaules de l’ours.

« Mets-toi debout. »  lui murmure-t-elle, et il se dresse sur ses pattes arrières.

A travers le feuillage encore blanc du chêne, la lumière de la lune projette l’ombre chinoise d’un monstre griffu, plus terrifiante encore que les géants… qui s’enfuient en hurlant !

Dans sa cabane, Lula s’endort bien au chaud contre la fourrure de l’ours. Le lendemain, un rayon de soleil la réveille. Vite, elle sort voir les feuilles du chêne. Elles sont vertes à nouveau.

« Tu es guéri ! s’écrie Lula, et malgré ma petite taille, j’ai réussi à faire fuir les géants. »

« Et surtout, lui dit l’ours, tu as le cœur grand comme ça. Merci de m’avoir accueilli chez toi. »  Et il la serre fort dans ses bras.

FIN

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Mais où est passé Pépé ?

Une histoire écrite par Emma Baron

 

Fini le mois de juin, finis l’école et les copains.
Bonjour les vacances dans le beau village de Provence.

Ce matin, chacune un panier sous le bras, Mamie et moi emmenons Pépé au village
faire notre marché.

Mais en arrivant près de la vieille fontaine, Mamie rencontre une voisine, puis deux,
puis trois. Les voilà qui papotent. Je tire Mamie par la manche, une fois, puis deux
puis trois mais elle ne m’entend pas. Alors, je baille et je laisse partir mes
yeux en balade.

Sous un marronnier, j’aperçois un chien courir après un chat et le chat courir après les
pigeons et les pigeons courir après les miettes d’un sandwich au jambon.

La grosse cloche de l’Église se met à sonner. Il est déjà midi et Mamie n’a pas vu le
temps filer. Les voisines se disent « bonne journée » et vont faire leur marché. Le
chat s’est perché sur une branche, le chien, assis, le regarde la langue pendante.
Quant aux pigeons, ils se sont envolés.

Nous nous retournons, et qui n’est plus là ? Qui a disparu ?
C’est Pépé !
« Nom d’un petit diable ! » s’écrie Mamie.
« Mais où est-il parti ? » je demande, abasourdie.

Puis je m’exclame : « Il faut le retrouver ! »
Et Mamie dit : « Retrouvons-le ! »
Ni une ni deux, à sa recherche, nous voilà parties.

D’abord, nous allons chez le poissonnier.

Mamie cherche sous les moules, sous les saumons, sous les araignées de mer et
même sous les gros crabes qui essayent de la pincer.
Je lui dis : « Mamie voyons, Pépé est bien trop grand, tu ne crois pas, pour se cacher
par là ! »
« Tu as raison, Pépé n’est pas ici. » me répond Mamie bien ennuyée.

Mais avant de partir, Mamie achète des huîtres pour le déjeuner.
Nous allons ensuite chez le fromager.

Cette fois, c’est moi qui me met à chercher Pépé parce que Mamie, elle a souvent de
drôles d’idées.
Je regarde derrière le comptoir et derrière les grandes caisses en bois mais toujours
pas de Pépé ! Seulement du gruyère, du brie et de belles meules de Comté.
Je dis à Mamie : « Essayons ailleurs ! »

Mais avant de partir, Mamie achète un gros morceau de camembert et une tome de
Savoie parce que Pépé adore ça !
« Ailleurs, allons-y ! » me répond ma Mamie qui déjà est sortie.

D’un bon pas, nous marchons vers le boucher-charcutier.

Mamie cherche à droite et moi à gauche. Rien sous les pâtés. Rien sous les steak
hachés.
Mamie demande au boucher : « Par le plus grand des hasards, n’auriez-vous pas
transformé mon mari en saucisse ? »
Le boucher fronce les sourcils. Mamie avec ses blagues va nous faire avoir des
ennuis. Je la tire par la manche et je lui dis : « Mamie, Pépé n’est pas ici ! »
« Mais où est-il passé, mon coquin de mari ? » me répond Mamie en sortant son
portefeuille aux couleurs tape-à-l’oeil.

Mais avant de partir, Mamie achète quelques rondelles de saucissons, trois belles
tranches de jambon et du boudin aux oignons sans oublier du mou pour Norbert, le
gros chat de gouttière.

Puis je dis à Mamie : « Allons chez le primeur. »

Quelle bonne idée ! Il y a des fruits et des légumes. C’est plein de couleur et de soleil.
Je regarde derrière les cageots de cerises et de fraises, Mamie derrière ceux de
poireaux et d’artichauts.
Une framboise au bout de mes dix doigts, je me régale en écoutant les cigales.
Quant à Mamie, elle discute avec le vendeur.

Les framboises, c’est cadeau mais pas les épinards et les choux de Bruxelles que
Mamie veut cuisiner pour ce midi au déjeuner.
Et avec tout ça, toujours pas de Pépé !

Nous allons ensuite chez le fleuriste.

Pépé aime beaucoup les fleurs. A la maison, il les fait pousser en bouquet pour faire
plaisir à sa dulcinée et lui rappeler, non trop s’en faut, à quel point elle est aimée.
Mais derrière les bleuets et les oeillets, derrière les dahlias et les hortensias, derrière
les oliviers et les orangers, nulle trace de Pépé !

Mais avant de partir, je demande à ma Mamie un tout petit peu d’argent bien
poliment.
Curieuse, elle me demande : « Que veux-tu donc acheter ? »
En souriant, je lui réponds : « C’est une surprise ! » et puis je la fais sortir.

Lentement et doucement, derrière elle, je m’approche le coeur battant.
Pour lui offrir une belle rose blanche et pour lui dire combien je l’aime.
Dans ses bras, Mamie me serre et me murmure des mots tout doux quand tout à coup,
je m’exclame : « Et pépé ? On l’a complètement oublié ! »
Mamie ne sait plus trop où aller pour chercher Pépé.

Je lui propose : « Allons à la poste ! Il a peut-être du courrier à envoyer. »
A la poste, nous entrons. Mais derrière les guichets, toujours pas de Pépé !
Seulement des colis, des lettres et des gens qui font la queue bien patiemment.

Mais avant de repartir, Mamie sort une grande enveloppe pleine de mes dessins pour
l’envoyer à mon papa et à ma maman qui habitent beaucoup trop loin.

Quand nous sortons, une odeur chatouille mes narines. Je dis à Mamie :
« Mmm ! Comme ça sent bon par là-bas ! »
« Allons-y vite ! » dit Mamie.
Nous nous dépêchons d’aller chez le boulanger-pâtissier.

Ah ! Les belles pâtisseries !
Ah ! Les belles baguettes !
Mamie achète un bon gros pain de campagne et quelques chouquettes.

Oh ! Oh ! Mais qui voyons-nous caché derrière la jolie vitrine garnie de
gourmandises ?
C’est Pépé bien sûr !
Le nez dans les éclairs au café et la bouche pleine de flan pâtissier.

Je passe mes bras autour de son cou et je lui demande : « Mais Pépé, pourquoi es-tu
parti comme ça, sans un bruit en catimini ? »
Mais bien attrapé, Pépé n’a pas le temps de me répondre que Mamie lui donne nos
deux paniers à porter et le traîne sur le chemin de la maison.

Une fois rentrés, c’est au tour de Mamie de cuisiner. Elle nous dit : « Voilà ce qu’il y
a pour le déjeuner :
Du jambon aux choux de Bruxelles.
Du boudin noir aux épinards.
Sans oublier des huîtres au camembert pour nous régaler au dessert ! »
Quel menu ! Je comprends maintenant pourquoi Pépé s’est sauvé !

Le plus heureux dans cette histoire, c’est Norbert, le gros chat de gouttière. Il savoure
le mou que Mémé lui a acheté.
Soudain me vient une idée. Alors, je murmure à mon Pépé, adoré et tant aimé : « La
prochaine fois, n’oublie surtout pas de m’emmener avec toi discuter avec les beaux
macarons et les jolies tartes au citron ! »
FIN

histoires

Le remplaçant aux mains d’acier

Emma Baron

Les personnages : Lucie, Yolo et R.Viktor

Lucie et Yolo sont élèves de CE2. Enceinte, leur maîtresse leur annonce qu’elle doit partir en congé maternité. Pour la remplacer, le directeur leur réserve une surprise.

Chapitre 1

Le départ de la maîtresse

Aujourd’hui n’est pas un jour comme les autres. Mme Legrand, notre institutrice, doit partir en congé maternité. Un peu triste, j’entre en classe avec mon meilleur ami, Yolo. Nous la regardons ranger ses affaires. Elle qui est si gentille, elle va beaucoup nous manquer.

Voilà Luc, le gros dur de la classe. Il fait toujours du mal aux autres. Aujourd’hui ne fait pas exception, il pousse Yolo. Puis, assis derrière son pupitre, il commence à m’envoyer des boulettes de papier. Ce qu’il peut me mettre en colère ! Dans ces moments-là, j’aimerais avoir des pouvoirs magiques pour les lui faire avaler !

A présent, tous les élèves sont là. Mme Legrand a terminé de vider son bureau. Les mains sur son ventre rond, elle nous dit :

― Bon et bien, voilà, aujourd’hui c’est le grand jour. J’espère que vous allez être sages pendant mon absence…

― Ah ah ! La bonne blague, s’exclame Luc effrontément.

― Luc, tais-toi, se fâche Mme Legrand.

Je lève le doigt.

― Oui, Lucie ?

― Qui va vous remplacer quand vous serez partie ?

Mais elle n’a pas le temps de répondre car on frappe à la porte.

Le directeur entre. Tous les élèves se lèvent, tous sauf Luc évidemment.

― Bonjour les enfants. Vous pouvez vous asseoir. Comme vous le savez déjà, Mme Legrand doit partir aujourd’hui. Mais pour vous faire la classe, notre école a été choisie pour tester un… nouveau type de remplaçant. Il nous vient tout droit du laboratoire.

Il se tourne vers la porte. Des pas résonnent et font trembler le sol de l’école. Inquiets, nous tournons la tête en direction du couloir. J’ai un mauvais pressentiment…

Chapitre 2

Un robot dans la classe

Une forme immense et métallique entre. Je n’en crois pas mes yeux ! C’est un robot ! Nous nous regardons les uns les autres. Un silence de plomb règne dans la classe. Même le jardinier dans la cour s’est arrêté de travailler. Stupéfait, il observe, ses cisailles dans les mains, le robot par la fenêtre.

Le directeur nous explique :

― Ce robot s’appelle R.Viktor. Il va remplacer Mme Legrand pendant son congé maternité.

Luc, s’exclame :

― C’est une blague, M’sieur ? Ce n’est pas un tas de ferraille qui va nous surveiller quand même !

Le directeur lui jette un regard noir.

― Toi, dans le couloir ! On ne m’interrompt pas !

Luc a l’habitude du couloir, il le connaît par cœur. D’ailleurs, une fois, il a compté tous les carreaux du carrelage.

Le directeur demande au robot :

― R.Viktor ?

Ce dernier tourne sa tête triangulaire vers lui et le regarde avec ses yeux bleus lumineux. Le directeur blêmit. Le robot répond de sa voix métallique et hachée :

― R.Vik-tor, nu-mé-ro 209-8X1. Ac-ti-va-tion com-plète. Est-ce que ce sont les é-lèves à ma charge ?

Le directeur hoche la tête.

Le robot nous regarde les uns après les autres pour nous enregistrer dans sa mémoire. Quand il arrive à ma hauteur, je me raidis. Son rayon bleu m’analyse une seconde avant de passer à l’élève suivant. Le directeur retrouve son assurance et sourit.

― Oui, R.Viktor, voici vos élèves. Luc entrez immédiatement.

Luc ouvre timidement la porte. Le directeur le pousse devant le robot.

― Celui-ci, R.Viktor, c’est le pire ! Scannez-le bien ! Je m’en vais. Vous aussi, Mme Legrand, reposez-vous, prenez soin de votre bébé. Ici, les choses seront, désormais, sous contrôle !

La maîtresse tique sur le « désormais » et s’en va en nous lançant un regard qui veut dire « J’espère que vous ne ferez pas les andouilles ! ». La porte se referme, nous laissant seuls avec notre remplaçant. Je déglutis.

Chapitre 3

Garde à vous  !

R.Viktor s’installe au bureau de Mme Legrand. Inquiets, nous le regardons faire. Les doigts croisés, la tête bien droite, il nous dit :

― Bien, ou-vrez vos ca-hiers d’é-cri-tu-re, nous a-llons é-crire la date d’au-jour-d’hui.

Sages comme des images, nous obéissons. La classe n’a jamais été aussi silencieuse. R.Viktor se lève et trace impeccablement «Mardi 2 Mai» au tableau.

Mais les mauvaises habitudes de Luc reprennent vite le dessus. Il vole la gomme de Yolo assis à côté de lui. En colère, Yolo essaye de la récupérer. R.Viktor intervient :

― Lu-c, rend la gom-me à Yo-lo im-mé-dia-te-ment.

Yolo ainsi que tous les élèves regardent Luc. Il cache la gomme derrière son dos sans intention de la rendre, allant même jusqu’à répondre :

― Sinon quoi, le bidon d’huile ?

Tout le monde regarde à présent le robot en se demandant ce qui va se passer.

R.Viktor s’avance vers lui.

― Tu re-co-pie-ras 100 fois « je ne dois pas man-quer de res-pect en-vers mon pro-fe-sseur. »

― 100 fois ? Non mais ça ne va pas la tête ! D’habitude, c’est 10, pas 100.

Yolo profite de la mine déconfite de Luc pour reprendre sa gomme.

R.Viktor continue :

― Tu es au-ssi pri-vé de ré-cré-a-tion.

Luc fixe le robot profondément agacé. Jamais, il n’a été privé de récré. Et la récré, c’est sacré. Je suis contente pour Yolo. Luc a ce qu’il mérite. Au lieu de jouer, il va devoir copier ses lignes. Vive R.Viktor ! Cependant, une question me turlupine. Qui va surveiller Luc s’il doit rester en classe ? R.Viktor ne peut pas se diviser en deux.

Chapitre 4

Panique à l’école

La cloche de la récréation sonne. Alors que nous nous mettons en rang, R.Viktor ouvre son torse et en sort, à notre grande surprise, un mini robot, pas plus grand qu’une trousse. Il le pose sur le pupitre de Luc. Le robot nain le prévient de sa voix aiguë :

― Si tu bouges de ta place et si tu ne copies pas tes lignes, je le dirais à R.Viktor et tu auras 100 lignes de plus.

Luc ne dit rien. Il en a marre de ces robots. La maîtresse lui manque. Elle, au moins, elle était humaine.

Nous sortons tous dans la cour intérieure de l’école, enfin tous sauf Luc. Le jardinier nous donne notre ballon et nous demande, nerveux qu’un robot prenne la place de Mme Legrand :

― Alors votre remplaçant ? Il est mieux qu’un être humain ?

Contente de l’expérience, je lui réponds :

― Il est très bien, en plus il y en a un autre, plus petit, qui surveille Luc. Mais ces robots ne pourront jamais remplacer notre maîtresse…

― Ah ça, vous verrez ! Un jour, il n’y aura plus que des robots… mais vous êtes trop petits pour comprendre de toute façon !

Il disparaît dans l’école. Quelle mouche l’a piqué ? S’il y a bien une chose que je déteste, c’est que l’on me dise que je suis trop petite pour comprendre.

― Il est juste mal luné, me rassure Yolo. Tu veux jouer à la balle au prisonnier ?

Alors que je suis en train de marquer un point, on entend des cris provenant de la salle de classe. Nous courons tous regarder ce qui se passe par la fenêtre. Dans la classe, Luc se fait pourchasser par le mini robot.

En nous apercevant, il crie :

― Aidez-moi ! Il débloque complètement.

L’aider alors qu’il est toujours méchant avec nous ? Yolo propose à tout le monde de voter mais R.Viktor s’avance vers nous. Quelque chose ne va pas. Ses yeux qui étaient bleus sont devenus rouges. Sa tête tremble. Je me mets alors à crier :

― Sauvez-vous ! Il bugue !

Chapitre 5

Course poursuite

Le directeur qui a entendu tout le tapage, sort dans la cour.

― Mais qu’est-ce qui se passe encore ?

On n’a pas le temps de lui expliquer. C’est la panique ! Les élèves et les surveillants courent dans tous les sens ! Le robot nous pourchasse ! Comme la cour intérieure est fermée, personne ne peut s’échapper dans la rue.

Avec les autres élèves, nous nous précipitons dans le bâtiment de l’école, nous courons dans les couloirs pour atteindre la sortie mais à notre grande surprise, la porte est fermée à clé ! Le directeur arrive tout essoufflé. Il tente aussi de l’ouvrir, mais trop tard, nous sommes tous pris au piège.

― Mais qui a fermé la porte ? crie-t-il, surpris.

Nous entendons les pas lourds et effrayants de R.Viktor qui s’approche.

Le directeur se met à la recherche de quelque chose de lourd pour casser la vitre mais Yolo et moi décidons de ne pas attendre davantage. Nous rebroussons chemin et au moment où l’énorme robot surgit, nous bifurquons dans un couloir et nous nous réfugions in-extremis dans les toilettes. Haletants, nous fermons le verrou de la porte et nous nous asseyons au pied de la cuvette. Nous mettons nos mains sur la bouche pour nous retenir de crier. Les yeux grands ouverts, nous écoutons les pas du robot s’éloigner.

Soudain, nous entendons des cris. Qu’est-ce que le robot est en train de faire aux autres ? J’ai peur. Je sens mon cœur battre trop fort dans ma poitrine. Dix minutes plus tard, l’école est redevenue très calme. Nous hésitons à sortir.

― Le directeur a probablement réussi à l’éteindre… enfin j’espère, me chuchote Yolo.

― Allons voir ! Mais restons prudents…

Nous sortons sur la pointe des pieds. Il n’y a personne dans les couloirs.

Devant la porte de notre classe, Yolo me fait la courte échelle pour que je puisse regarder par la vitre. Dans un coin de la classe, j’aperçois Luc recroquevillé. Le mini robot le surveille. Ses petites mains mécaniques sont rouges comme la braise. Il surchauffe ! Il nous faut agir vite avant qu’il ne prenne feu. Je descends et j’enlève mon gilet. Doucement, Yolo ouvre la porte.

Sur la pointe des pieds, j’avance derrière le robot et paf ! Je saute dessus et le capture dans mon gilet. Gêné, Luc n’ose pas me regarder. Je lui tends la main pour l’aider à se redresser. Surpris, il accepte et nous dit en balbutiant :

― Vous… vous êtes finalement venus…

Yolo et moi hochons la tête. On réglera nos comptes plus tard. Le mini robot se débat violemment. Luc nous dit :

― Faites attention, ses espèces de petites mains mécaniques brûlent. Il déraille complètement.

En effet, voilà mon gilet qui fume ! Yolo ouvre la fenêtre. Je le fais tournoyer dans les airs et vise le seau plein d’eau du jardinier. Plouf ! Accoudés tous les trois à la fenêtre, nous regardons le robot couler. Je m’exclame :

― Un de moins !

Yolo réfléchit :

― Il faut que l’on trouve de l’aide… il doit y avoir d’autres personnes qui ont dû réussir à se cacher.

Dans le couloir, les pas lourds de R.Viktor résonnent. Le robot approche rapidement. Nous nous regardons affolés. Qu’allons-nous devenir ? Et qu’a-t-il fait aux autres élèves ?

Chapitre 6

A la rescousse

Nous nous cachons derrière la porte et attendons anxieusement. R.Viktor ralentit. Il tourne lentement la poignée. J’entends mon cœur battre dans ma poitrine. Le robot entre et s’avance dans la classe. Le plus vite possible, nous sortons en passant derrière lui.

Nous nous précipitons dans le couloir. Le robot s’est retourné et nous a vu. Il se lance à notre poursuite. Il ne court pas aussi vite que nous mais lui, il ne se fatigue pas ! Yolo crie à bout de souffle :

― Séparons-nous ! Rendez-vous dans la salle des professeurs !

Luc et moi hochons la tête avant de prendre chacun un couloir différent.

Cinq minutes plus tard, nous nous retrouvons à l’endroit convenu.

― Tu crois qu’on l’a semé ? demande Yolo hors d’haleine.

En jetant un coup d’œil derrière nous, je réponds :

― Oui, our le moment en tout cas.

On voit alors un balai qui bloque la porte. Je fais remarquer aux garçons :

― C’est louche ! Il y a probablement des prisonniers.

Vite, nous enlevons le balai et ouvrons la porte. Le directeur est debout, les muscles du visage tendus et les bras écartés pour protéger les élèves de notre classe. Je leur demande :

― Vous allez bien ?

― Oui, répond le directeur mais il n’y a pas une seconde à perdre. R.Viktor a brouillé le réseau téléphonique. Nous ne savons pas de quoi il est capable. Il faut sortit d’ici et prévenir la police. Venez !

D’un tiroir, le directeur sort un énorme presse-papier puis il se précipite vers la sortie. Nous le suivons en courant dans les couloirs.

― Reculez ! ordonne le directeur.

Il jette le presse-papier sur la porte vitrée de l’entrée qui explose sous le choc. Toute la vitre tombe d’un coup. Le directeur fait sortir un à un les élèves dans la rue. Yolo et moi sommes les derniers. Je jette un coup d’œil derrière nous. Personne. Nous sommes sauvés ! Soudain, le robot surgit du couloir de gauche et bloque la sortie. Nous nous arrêtons, stoppés nets dans notre élan. Le robot est à quelques centimètres de moi. Le directeur, les yeux agrandis par l’effroi, ne peut rien faire contre ce colosse d’acier. Je crie au directeur :

― Allez prévenir la police ! Vite !

R.Viktor lève les bras pour m’attraper mais Yolo me tire en arrière. Ses doigts en métal m’effleurent le visage. Pour lui échapper, nous courons en sens inverse. Après dix minutes de course effrénée à travers l’école, je m’arrête, épuisée. C’est alors qu’à l’angle du couloir, j’aperçois le jardinier en train de pianoter sur un clavier d’ordinateur portable. Il n’a pas peur, lui. Il rit même… Je comprends ce qui est en train de se passer. Yolo aussi mais il est trop tard. Le robot est là. R.Viktor nous attrape par les bras et cette fois, impossible de nous échapper. Nous sommes perdus ! Quand tout à coup…

Chapitre 7

Le coupable  !

Quand tout à coup, trois policiers surgissent dans le couloir. Je leur crie :

― C’est le jardinier ! C’est lui qui a piraté les robots !

Le robot me serre trop fort. Il me fait mal. Les policiers dégainent leurs armes.

― Les mains en l’air !

Le coupable se sauve, la police à ses trousses. Le robot s’éteint. Les mains mécaniques desserrent leur étreinte. Yolo et moi nous laissons glisser sur le sol. Une policière s’agenouille près de nous :

― Ça va les enfants ?

Yolo et moi hochons la tête.

― Venez, vos parents vous attendent.

Les élèves et les enseignants, qui étaient eux aussi prisonniers, sont déjà sortis et se sont rassemblés devant l’école. Plusieurs voitures de police sont garées sur les trottoirs. J’entends un hélicoptère voler au dessus de ma tête. Je cherche ma mère dans la foule. Je la trouve enfin et je cours vers elle. Elle m’ouvre grands ses bras et je me blottis contre elle.

Quelques minutes plus tard, j’aperçois le jardinier menotté. Dire que c’était lui qui manipulait les robots, lui qui avait verrouillé la porte d’entrée. Mais pourquoi ? Je pose la question à ma mère. Elle m’explique :

― A ce qu’il paraît, le jardinier était un ancien informaticien au chômage. Peut-être a-t-il été remplacé par un robot, on ne sait pas. En tout cas, il a voulu se venger. Il s’est dit que si les gens avaient peur des robots, ils n’en voudraient pas… c’est probablement pour ça qu’il les a piratés.

Yolo et sa mère nous rejoignent. Je sers mon meilleur ami dans mes bras. Quelle aventure ! On ne l’oubliera pas de si tôt ! Alors que nos mères discutent de l’événement, un journaliste, sa caméra sur l’épaule, approche.

― Bonjour, est-ce que je peux interviewer vos enfants ?

Surpris, Yolo et moi regardons le journaliste. Nos mères hochent la tête. Nous nous mettons à raconter tout ce qui s’est passé depuis le départ de la maîtresse. Petit à petit, les tensions accumulées disparaissent. D’autres journalistes s’approchent de nous. La lumière des flash nous aveugle. C’est sûr, demain on fera la une !

Chapitre 8

Amis pour la vie

Après le départ des journalistes, je reste pensive. Finalement, le vrai coupable n’était pas le robot mais un humain. Si le jardinier avait parlé de ce qu’il ressentait avec quelqu’un, peut-être que tout ça ne serait jamais arrivé. Ça me fait réfléchir. Je dis à Yolo :

― Viens, on doit parler à Luc. Il faut qu’on règle, une bonne fois pour toute, nos problèmes avec lui.

Je le vois assis sur le trottoir, la tête posée sur ses mains. Nous nous approchons. Sûr de moi, je lui explique :

― Luc, écoute, maintenant que les choses vont redevenir normales, on veut que tu nous promettes de ne plus nous embêter.

Il nous regarde à tour de rôle, soupire et nous dit en détournant les yeux.

― Ouais, c’est promis… maintenant, laissez-moi tranquille.

Je réalise soudain qu’il est tout seul. Ses parents ne sont pas venus. Ça me fait mal pour lui. Voilà pourquoi il est méchant avec tout le monde.

Ma mère s’approche de nous et me dit :

― Je suis contente que personne n’ait été blessé. En rentrant, si tu veux, je peux te faire un banana split.

J’ai envie de rentrer mais Luc me fait de la peine. Le laisser tranquille, je suis certaine que c’est la dernière chose qu’il souhaite réellement. Ma mère aussi cherche ses parents du regard. Finalement, elle me dit :

― Tu peux inviter Yolo et ton camarade si tu veux.

Je me retourne vers eux :

― Ça vous dit un banana split les gars ?

C’est ainsi que nous avons dévoré notre glace, tous les trois assis sur le canapé du salon. Et devinez quoi, on s’est même vu au journal télévisé ! Quant à R.Viktor, il est retourné au laboratoire pour qu’aucun être humain ne puisse à nouveau le pirater.

Cette expérience a transformé Luc. Il a réalisé que la méchanceté ne sert à rien mais que la gentillesse, elle, apporte l’amitié. Et qu’à défaut d’avoir une famille aimante, il a maintenant deux amis en or.

Mme Legrand a eu son bébé. Et pour fêter ça, nous avons décidé de lui offrir un beau crayon avec gravé dessus « pour une maîtresse irremplaçable ».

FIN

histoires

Un fantôme dans le donjon

Une histoire écrite par Emma Baron

 

Les personnages de l’histoire : Célia, Grégoire et Macaron

Chapitre 1

Un très vieux château

Aujourd’hui, mes parents et moi emménageons dans un château. La neige recouvre la route. A travers la vitre du carrosse, je le découvre. Comme il a l’air vieux avec son pont-levis et ses douves qui le protègent des envahisseurs.

Le soir commence à tomber. Mes parents demandent au cocher de s’arrêter. Deux hommes déchargent les malles. Ma mère se tourne vers moi et me dit :

– Célia, tu vas t’occuper de Macaron pendant que je parle aux valets.

Je hoche la tête et descends du carrosse avec Macaron dans les bras. Macaron, c’est mon renard. Je l’ai trouvé quand il était encore bébé. Il n’avait plus sa maman alors je l’ai adopté.

J’entre dans le château et je pose Macaron sur le plancher. Il est heureux de pouvoir se dégourdir enfin les pattes. Curieuse, je monte à l’étage. J’ai hâte de découvrir ma nouvelle chambre !

Avec Macaron à mes côtés, j’attrape une torche pour m’éclairer car il fait maintenant très sombre. Je ne vois personne et j’ai un peu peur toute seule. L’air froid me fait frissonner. Lentement, j’ouvre la porte de ma nouvelle chambre.

Je n’en crois pas mes yeux, il y a un fantôme dans la pièce ! En l’observant mieux, je devine que c’est un enfant fantôme. Je reste bouche-bée. Je me demande s’il n’est pas dangereux. Au village, on raconte des tas d’histoires horribles sur les fantômes ! Macaron, lui, n’a pas l’air inquiet du tout. Il baille à s’en décrocher la mâchoire. Le fantôme sursaute et se retourne. Oh oh…

Chapitre 2

Grégoire

Je me sauve en claquant la porte ! Mais au milieu des escaliers, je change d’avis. Macaron est resté là-haut et je ne peux pas l’abandonner. Je remonte doucement les marches et j’entre. Le fantôme flotte dans les airs. Mon renard vient se frotter contre le bas de ma robe puis à ma grande surprise, court vers le garçon.

C’est la première fois que je vois un vrai fantôme. Avec prudence, je m’approche de lui. Macaron s’amuse à lui passer au travers. Le fantôme rigole et s’exclame :

– Arrête ! Tu me chatouilles, voyons.

En le voyant rire, toutes mes peurs s’envolent.

Je lui demande :

– Comment tu t’appelles ? Est-ce que tu hantes le château ?

Le fantôme fait bouger les rideaux pour amuser Macaron puis me dit :

– Je m’appelle Grégoire. Ma famille vit dans la forêt. Mais hier, en me promenant, j’ai découvert cet endroit et je me suis tellement amusé à traverser les murs que je me suis perdu. Je ne sais plus de quel côté je suis arrivé.

Soudain, un valet débarque dans la pièce, une malle dans les bras. En apercevant Grégoire, il devient tout pâle et il balbutie :

– Un… un… un… fan…fan… fantôme !

Oh non ! Je n’ai pas le temps de lui expliquer qu’il ne faut pas avoir peur qu’il est déjà parti chercher du secours !

En quelques secondes, mon père et ma mère déboulent dans la pièce accompagnés de trois gardes. Tout de suite, je les rassure :

– N’ayez pas peur ! Les fantômes ne sont pas méchants et Grégoire est très gentil.

Comme pour me soutenir, Macaron se roule à ses pieds.

J’explique à mes parents :

– Papa, maman, Grégoire s’est perdu en venant jouer ici. Il habite avec sa famille dans la forêt. Peut-être pourrions-nous l’aider à la retrouver ?

En silence, les gardes se regardent les uns les autres.

Mon père et ma mère réfléchissent tout en observant Grégoire qui s’amuse avec Macaron. Enfin, ma mère accepte :

– D’accord… on va l’aider à retrouver sa famille.

Grégoire sourit. Macaron remue la queue. Et moi, je suis soulagée. Cependant, une question me hante, comment allons-nous faire ? La forêt est immense…

Chapitre 3

Un royaume bien gardé

Les chiens ont beaucoup de flair mais les renards aussi. En voilà, une idée ! Les fantômes ont peut-être tous la même odeur. J’explique à mes parents ma solution. Sous leurs yeux enthousiastes, j’approche Macaron du fantôme. Le renard le renifle puis se met à courir vers la forêt. Hourra ! Ça fonctionne !

Des torches à la main, nous courons derrière lui. Il fait nuit noire. Grégoire glisse sur le sol à vive allure. Quant à Macaron, il s’enfonce de plus en plus dans la forêt. Mais quelle odeur peut bien avoir un fantôme ?

Après quelques minutes, Macaron s’arrête brusquement et se met à glapir. Au loin, de faibles lueurs apparaissent. Les gardes tremblent.

La mère de Grégoire flotte vers nous.

Bientôt, le petit fantôme est réuni avec les siens.

– J’avais tellement peur de ne plus te revoir, lui dit sa mère en le serrant dans ses bras.

Nous sommes émus d’assister à leurs retrouvailles. Le père de Grégoire me remercie moi et mes parents.

Ma mère met sa main sur mon épaule et me dit :

– Il est temps de rentrer maintenant, tu dois te coucher.

Oh non ! Moi qui venait de me trouver un super ami, qui plus est un fantôme ! Boudeur, Macaron s’assoit au pied de Grégoire. Lui non plus n’a pas envie de partir.

Cependant, ma mère me propose :

– Grégoire peut venir te voir quand il veut.

– Même tous les jours ?

– Si ses parents sont d’accord, bien sûr qu’il peut, répondent en cœur mes parents.

Grégoire et moi sommes supers heureux. Quant à Macaron, il glapit de joie. Comme ça, c’est sûr, avec un fantôme chez nous, on n’est pas prêt de voir un seul ennemi attaquer le château !

FIN

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Le nid d’oiseau

Une histoire écrite par Emma Baron

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« RobinsEggsDSC_3332 » by elliotniman

Margot est une petite fille comme les autres, enfin… presque. Ses cheveux châtain sont très longs et très fins si bien qu’ils sont très difficiles à coiffer. Son papa la surnomme même son petit fauve tellement sa chevelure ressemble à la crinière d’un lion !

Chaque jour, c’est la même chose. Dès que sa maman essaye de passer la brosse dedans, Margot crie :

― Aïe, ouille, tu me fais mal ! Arrête !

― Il faut bien les démêler, lui répond sa maman.

Mais Margot ne veut rien savoir. Cela fait bien trop mal. Elle ne veut plus que l’on touche à ses cheveux, ni maman, ni papa, ni mamie, ni tata, ni personne !

Bien sûr, il y a de nombreux inconvénients a une telle masse de cheveux :

Lorsque Margot déjeune, il lui arrive parfois de les manger. Berk !

Pire encore. Lorsque Margot doit aller aux toilettes, elle les tient en l’air par peur de leur faire pipi dessus.

Et lorsque Margot remonte la fermeture éclair de son manteau, quelques-uns restent toujours coincés. Aïe ! Autant dire qu’elle n’aime pas trop l’hiver.

Mais avoir des cheveux comme les siens est aussi un avantage :

Lorsque Margot fait une bêtise, HOP, elle cache son visage sous sa crinière.

Lorsque Margot boude, HOP, elle ramène tous ses cheveux devant ses yeux.

Enfin, lorsque Margot ne veut pas manger ses légumes, HOP, elle met ses cheveux devant sa bouche.

A l’école, toutes les petites filles ont de belles coiffures : des tresses, des queues de cheval, des couettes mais pas Margot.

Une fois, une petite fille s’est même moquée d’elle. Ce jour là, Margot est rentrée de l’école très triste.

 Le soir, elle a demandé à son papa :

― Dis papa, est-ce que je suis jolie ?

― Bien sûr que tu es jolie, lui a répondu son papa. Tu es même la plus jolie petite fille du monde entier.

Aujourd’hui, sa maman est venue la chercher un peu plus tôt de l’école.

― Où m’emmènes-tu ? demande Margot en faisant traîner son cartable à roulette derrière elle.

― C’est une surprise… répond sa maman.

La devanture du coiffeur apparaît. Margot s’inquiète :

― Je ne vais quand même pas aller chez le coiffeur, hein, dis maman ?

― Est-ce que tu veux essayer ?

 Margot réfléchit.

― D’accord mais si la coiffeuse me fait mal, on rentrera ? Promis ?

― Promis, répond sa maman. Tu vas voir, la coiffeuse a l’habitude des enfants. Elle va te faire une très jolie coiffure.

Margot n’en est pas si sûre mais rassurée par la promesse de sa maman, elle entre.

La coiffeuse dit bonjour à Margot et à sa maman. Une fois la blouse enfilée, Margot s’installe sur une chaise trop haute pour elle. Puis, la dame se penche sur la chevelure et s’exclame :

― Ah oui, en effet, tes cheveux sont très emmêlés.

Margot a très envie de prendre ses jambes à son cou.

La coiffeuse commence par laver les cheveux de Margot. L’eau est tiède et Margot trouve cela plutôt agréable.

Puis, la dame ajoute le shampoing et le fait mousser beaucoup. Elle fait bien attention à ne pas en mettre dans les yeux parce que le shampoing dans les yeux, cela pique très fort et Margot déteste cela !

Enfin, elle verse la bouteille entière de démêlant super extra puissant et puis, elle rince.

Les cheveux de Margot sont maintenant propres. Assise devant un miroir, Margot les regarde étinceler. La coiffeuse prend le peigne et commence le démêlage.

Malheureusement, la crinière de Margot est encore très emmêlée et Margot a très mal :

― Aïe, ouille !

― Il faut souffrir pour être belle, lui dit la coiffeuse.

Mais Margot n’a pas du tout envie de souffrir. C’est même décidé, elle préfère être moche. Elle se sauve et court se cacher sous les chaises de la salle d’attente derrière une énorme paire de jambes.

― Margot ? Sors de ta cachette… l’appelle sa maman.

Mais Margot est très bien là.

― Allez viens, on s’en va… continue sa maman.

Margot réapparaît. La coiffeuse fait les gros yeux. Tant pis pour la belle coiffure. Une promesse est une promesse.

Par un beau matin de printemps, Margot ouvre la fenêtre de sa chambre. En face d’elle, un couple de pinsons est posé sur la branche d’un cerisier. Les oiseaux regardent Margot d’un drôle d’air. Une idée leur trotte dans la tête. Mais laquelle ?

Soudain, ils s’envolent, entrent dans la chambre et se posent sur la tête de Margot. Dans ses cheveux, ils font leur nid en chantant. D’abord surprise puis très contente, Margot les laisse faire, ravie que sa chevelure leur soit si utile.

En faisant attention à ne pas faire tomber le nid, Margot va retrouver ses parents occupés dans la cuisine :

― Papa, maman, des oiseaux ont fait leur nid sur ma tête.

Son papa et sa Maman se penchent pour regarder de plus près en faisant de grands OH et de grands AH.

Bientôt tout le monde connaît l’histoire de Margot : toute sa famille, tous ses amis et même la ville entière. Car il faut bien le dire, elle est l’unique petite fille au monde à accueillir un nid d’oiseau dans ses cheveux.

Depuis, Margot n’ose pas trop bouger. Elle a peur de faire tomber le nid.

Pour dormir, elle reste même assise dans son lit. Avouons-le, ce n’est pas très pratique.

Mais un matin, Margot sent quelque chose de nouveau dans le nid, quelque chose de très fragile… Tout de suite, elle devine ce qui se passe. Avec la démarche d’un funambule sur son fil, elle va retrouver sa maman.

― Le pinson a pondu ses œufs, murmure-t-elle.

Sa maman se penche et regarde :

― Oh ! Oui, tu as raison. Il y en a cinq. Qu’est-ce qu’ils sont beaux !

Margot est bien embêtée. Elle a beau se mettre devant le miroir, elle ne peut pas les voir ! Et elle aimerait tant pouvoir les regarder…

Alors, le lendemain, elle demande :

― Dis maman, est-ce que tu peux couper mon nid d’oiseau ?

― Tu es sûre de toi ? lui demande sa maman en sortant une paire de ciseaux.

― Oui, tu peux !

Commence alors le délicat ouvrage. Blottis l’un contre l’autre, les pinsons ouvrent un œil. CLIC CLAC, CLIC CLAC, CLIC CLAC. Les ciseaux dansent dans la chevelure. Tout à fait réveillés, les oiseaux se réfugient sur les épaules de la coiffeuse improvisée. Curieux, ils la regardent travailler en se demandant à quoi va ressembler Margot.

Voilà, la nouvelle coiffure terminée. Les cheveux de Margot lui arrivent en dessous des épaules. Ses mèches ne vont plus dans ses yeux. Comme elle se sent légère ! Si elle avait su, elle aurait essayé avant !

― Et le nid, maman ? demande Margot qui trépigne d’impatience.

Sa maman le pose délicatement dans ses mains. Émerveillée, Margot contemple les jolis petits œufs bleu moucheté. Puis, elle sort dehors et installe le nid sur une branche de cerisier en faisant bien attention. Voilà, les pinsons ravis. Vivre sur la tête d’une petite fille n’était pas de tout repos.

Dorénavant, chaque matin, Margot se fait brosser les cheveux par sa maman. Bien sûr, parfois Margot a encore un peu mal mais plus autant qu’avant. Et surtout, chaque jour, Margot a droit à une nouvelle coiffure qui l’enchante :

Deux pompons sur la tête le lundi,

Une queue de cheval le mardi,

Une tresse brésilienne le mercredi,

Un chignon de danseuse le jeudi,

Quatre barrettes de chaque côté de la tête le vendredi,

Des couettes avec de jolis élastiques le samedi

Et un beau serre-tête le dimanche.

Et chaque matin, après avoir été coiffée, Margot court regarder les œufs bleus en espérant voir les oisillons casser leur coquille. Heureusement, elle n’a pas à attendre très longtemps. Quelques jours plus tard, le papa et la maman pinson sont agités.

CRIC CRAC, CRIC CRAC, CRIC CRAC. Voilà, les œufs qui éclosent. A peine sortis, les oisillons ouvrent en grand leur bec. Curieuse, Margot les observe bien au chaud dans leur nid de cheveux.

Et le jour où les oisillons prennent leur envol, Margot décide d’apprendre à se coiffer toute seule et depuis, elle n’a plus mal du tout !

histoires

Norbert, le petit ver de terre

Une histoire écrite par Emma Baron

Il était une fois un petit ver de terre qui s’appelait Norbert. C’était le début de l’automne et Norbert était tout déprimé.

Tristement, il regardait son reflet dans une flaque d’eau et il se disait : « A quoi je sers ? Je n’ai ni pattes, ni bras. Je suis tout mou et pas bien grand. »

Il décida donc d’aller voir ses amis pour lui remonter le moral.

Sur la branche d’un rosier, Isabelle la coccinelle chassait des pucerons.

« Bonjour, lui dit Norbert. Que fais-tu aujourd’hui ? »

« J’empêche ce beau rosier de se faire manger. Viens vite me rejoindre, Norbert. »

Alors Norbert s’enroula sur la tige mais une épine le piqua et il glissa.

« Aïe ! cria-t-il. Sans bras pour m’accrocher, autant abandonner. »

Le vent se levait. Du ciel, UNE feuille tomba et Norbert s’en alla.

Sur une pierre, Dédé le scarabée, sa carapace bien lustrée, regardait le soleil.

« Bonjour, lui dit Norbert. Que fais-tu aujourd’hui ? »

« En Égypte, je suis comme un roi. Est-ce que tu veux venir t’asseoir avec moi ? »

Norbert accepta et réussit à grimper sur la pierre. Mais bien vite il déchanta, car le soleil asséchait sa peau.

« Ouille, cria-t-il. Je ne peux pas rester comme toi au soleil. »

Et Norbert redescendit en se disant que, décidément, il n’était pas fait pour cette vie.

Le vent soufflait légèrement. Du ciel, DIX feuilles tombèrent et Norbert s’en alla.

Sophie la fourmi découpait un quignon de pain laissé sur le chemin.

« Bonjour, lui dit Norbert. Que fais-tu aujourd’hui ? »

« C’est bientôt l’hiver ! Je fais des réserves, expliqua Sophie. Tu veux m’aider ? »

Norbert accepta. Il tenta de découper un petit morceau mais sans mandibules, il ne fit que des bulles.

« Décidément, pensa Norbert, ça non plus, ce n’est pas pour moi ».

Le vent soufflait fortement. Du ciel, CENT feuilles tombèrent et Norbert s’en alla.

Avec difficulté, Didier le bousier déplaçait une énorme boule qui sentait bien mauvais.

« Bonjour, lui dit Norbert. Que fais-tu aujourd’hui ? »

Didier lui répondit : « Je pousse ma boule de crotte. Tu veux m’aider à la faire rouler ? »

Norbert le regarda d’un air un peu dégoûté mais voulu bien essayer. Malheureusement, sans bras pour la guider, Norbert la fit rouler du côté opposé.

« Comme je suis maladroit ! » s’excusa-t-il.

Le vent soufflait violemment. Du ciel, MILLE feuilles tombèrent et recouvrirent la terre.

Quant au petit ver de terre, découragé, il rentra chez lui pleurer.

Mais quelle ne fut pas sa surprise d’y trouver tous ses amis !

Isabelle la coccinelle, Dédé le scarabée, Sophie la fourmi et Didier le bousier s’étaient tous réunis.

« Les feuilles ont tout recouvert et nous ne pouvons plus rien faire. » expliquèrent-ils, très malheureux.

Le petit ver de terre eut alors une idée. Avec appétit, il grignota les feuilles et les réduisit en bouillie. De la belle terre apparut sous les yeux épatés de ses amis qui tous lui dirent merci. Quant à Norbert, il en fut très heureux et retrouva enfin son sourire.