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Bienvenue

Un jour, un maître d’école, un certain Mr Brandit, a emmené sa classe de CE1 dans une bibliothèque. Il a pris les enfants par la main et les a invités à s’asseoir sur des coussins multicolores. Il a choisi plusieurs livres de la bibliothèque rose et il a dit :

« Les livres sont des jouets extraordinaires, dès que vous en ouvrez un, vous voyagez dans des mondes remplis d’aventures et de secrets. »

J’ai ouvert un livre et j’ai alors compris ce qu’il voulait dire. J’avais 7 ans. Depuis cet âge, je lis… et j’écris.

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La vilaine Petite Voix

Une histoire écrite par Emma Baron

Devant la maison, au milieu de l’allée, Léo regarde son beau vélo tout doré. Il a bien envie de pédaler à toute allure sur la chaussée.

Soudain dans la tête de Léo, une Petite Voix se fait entendre. Elle est sombre et inquiétante.

Elle murmure à Léo : « Souviens-toi, tu es tombé la semaine dernière… Si tu enfourches ton vélo, ça peut à nouveau t’arriver. »

Léo a peur. Il écoute la Petite Voix et il rentre chez lui.

Il s’assoit sur le canapé regarder les dessins animés. La télé, c’est sûr, c’est sans danger.

L’après-midi, Léo va à la piscine avec son papy chéri. Il a envie de sauter à pieds joints dans l’eau bleue du grand bassin.

Mais la Petite Voix est encore là. Elle lui chuchote : « Tu risques de boire la tasse et de tousser. Ce n’est pas bon, l’eau chlorée. »

Léo a peur. Il s’assoit sur le bord carrelé de la piscine et regarde tristement les autres s’amuser.

Après l’école, la tata de Léo lui achète une nouvelle paire de chaussures jaunes.

Mais la Petite Voix lui dit encore : « Tu ne sais pas faire tes lacets et apprendre c’est compliqué. »

Cette fois, Léo veut quand même essayer.

Mais la Petite Voix continue et elle lui crie : « Tu n’y arriveras jamais ! »

Léo se décourage. Il abandonne.

Et il range ses belles chaussures au placard.

Le lundi, la maîtresse pose une feuille blanche devant Léo. Aujourd’hui, il doit apprendre à écrire son prénom.

Mais la Petite Voix l’avertit : « Oh là là ! Comme ça a l’air dur de tenir un crayon entre ses doigts ! »

Soudain, Léo se fâche. Il se révolte !

Il devient rouge ! Rouge comme une tomate ! Rouge de colère !

Et il crie à la Petite Voix :

« TAIS-TOI ! » 

Le silence.

Léo écoute.

La vilaine Petite Voix n’est plus là.

Léo prend ses crayons et il écrit de toutes les couleurs son beau prénom.

Quand l’école est finie, il rentre vite chez lui. Il enfile ses nouvelles chaussures jaunes et il apprend à faire ses lacets. Ce n’est pas si compliqué !

Le lendemain, il retourne à la piscine pour apprendre à nager comme un dauphin.

Comme c’est rigolo de sauter dans l’eau et de faire avec ses bras de grands moulins.

Le soir, il enfourche son vélo tout doré et pédale jusqu’à la nuit tombée.

Sentir le vent dans ses cheveux, c’est tellement mieux que de rester devant la télé.

Voilà Léo si fatigué qu’il part se coucher.

Dans son lit, il entend une nouvelle Petite Voix. Elle est très différente de la première.

Elle est claire. Elle chante tout bas contre son oreille.

« Tu peux tout faire dans la vie. Crois toujours en toi et n’abandonne surtout pas. »

Léo s’endort, un sourire sur son visage, car cette Petite Voix là, il est bien décidé à l’écouter partout où il décidera d’aller.

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Le collier de perles

Emma Baron

Pour ma fille, Mélianne

Dans le jardin d’une petite maison habite un gentil lièvre appelé Lucien Luzerne. Alors qu’il déjeune tranquillement, on becque à la porte. Toc toc toc.

« Une lettre pour vous ! » claironne le pigeon facteur de bonne humeur.

Curieux, Lucien Luzerne avale sa carotte et ouvre l’enveloppe.

Mon cher Lucien,

Je t’invite à mon anniversaire.

Ton amie qui t’aime,

Gaby Garenne

« J’arrive ! Je cours ! Je vole ! » s’exclame Lucien Luzerne tout amoureux et tout heureux. Vite, il se fait beau. Vite, il choisit un beau cadeau.

« Un collier de perles grises pour lui faire la plus jolie des surprises. » dit-il et il le met dans un petit sac en papier.

Vite, Lucien Luzerne s’en va sur les chemins, son sac à la main.

Illustration : une roncedéchire un coin du sacet un trou apparaît. Le lièvre ne s’en rend pas compte.

Alors qu’il traverse une forêt enneigée, Lucien Luzerne aperçoit un écureuil qui s’affaire autour d’un nid, la larme à l’œil.

« Qu’y-a-t-il ? » lui demande-t-il en s’approchant doucement.

« A cause de la tempête, mon nid est tombé, explique madame Écureuil, et maintenant, il est tout cassé. »

Alors le lièvre ramasse plusieurs brindilles puis répare le nid comme il peut. Madame Écureuil le remercie.

« Ce n’est peut-être pas grand chose, dit le lièvre, mais ce que je peux faire, je le fais. »

Et il reprend son chemin en courant sous les beaux sapins blancs.

Illustration : une perle tombe par le trou du sac sous les yeux de l’écureuil.

Au milieu des coquelicots et des bruyères, Lucien Luzerne voit deux jeunes mulots fouiller la terre.

« Que faites-vous ? » leur demande-t-il en s’arrêtant quelques instants.

« Nous cherchons à manger, expliquent les mulots, mais les sangliers ont tout emporté. »

Illustration :paysage de champs fleuris

Lucien Luzerne a sur lui deux sacs de grain. De bon cœur, il les offre aux mulots qui le remercient.

« Ce n’est peut-être pas grand chose, dit le lièvre, mais ce que je peux faire, je le fais. »

Et il repart en sautant à travers champs.

Illustration : deux perles tombent du sac sous les yeux des mulots.

Lucien Luzerne arrive sur une plagetrois petits crabes sont coincés sous une bouteille cassée.

Lucien Luzerne libère les crabes qui le remercient. Puis, il jette la bouteille à la poubelle.

« Ce n’est peut-être pas grand chose, dit le lièvre, mais ce que je peux faire, je le fais. »

Et il embarque à bord d’un très grand bateau.

Illustration: trois perles tombent du sac. Les crabes les récupèrent.

Sur le pont du navire, Lucien Luzerne profite de la brise marine lorsqu’il aperçoit quatre mouettes se battre autour d’un bout de pain.

« Qu’y-a-t-il ? » leur demande Lucien Luzerne en se mêlant de leur querelle.

Mais les mouettes n’écoutent pas. « Ce pain est à moi ! » crient-elles.

Lucien Luzerne prend le pain, le partage en quatre et donne à chacune un morceau.

« Ce n’est peut-être pas grand chose, dit le lièvre, mais ce que je peux faire, je le fais. »

Et Lucien Luzerne descend du bateau et reprend sa route aussitôt.

Illustration : quatre perles tombent du sac sous les yeux des mouettes. Au loin, on voit un deuxième bateau avec les silhouettes des animaux que le lièvre a rencontré.

Son sac à la main, Lucien Luzerne traverse une grande ville quand il voit cinq petites souris,leur tête levée vers le ciel et la bouche grande ouverte.

« Qu’est-ce que vous faites ? » les questionne le lièvre curieux.

« Nous avons soif, expliquent-elles, nous attendons la pluie. »

Le lièvre qui a toujours sur lui une gourde bien remplie, la donne aux souris qui le remercient.

« Ce n’est peut-être pas grand chose, dit le lièvre, mais ce que je peux faire, je le fais. »

Et il repart à grands pas.

Illustration : cinq perles tombent du sac et les souris les ramassent. Les autres animaux arrivent aussi mais on distingue seulement leurs silhouettes au loin.

Le voilà enfin arrivé ! Vite, Lucien Luzerne sonne à la porte de Gaby Garenne. Vite, il ouvre son sac pour prendre son beau cadeau…

Oh ! Plus aucune perle ! Pauvre Lucien Luzerne. Il ne reste que le fil au fond du petit sac vide. Lucien Luzerne, qui était si heureux, est devenu très malheureux.

Soudain, Lucien Luzerne entend du bruit derrière lui…

L’écureuil, les mulots, les crabes, les mouettes et les souris l’ont suivi.

« Ton cadeau n’est pas perdu. » le rassurent les animaux en lui montrant les belles perles qui brillent sous les rayons du soleil.

Soigneusement, ils réparent le collier. Lucien Luzerne les remercie. Comme c’est gentil d’avoir pensé à lui !

« Joyeux anniversaire ! » dit-il à son amie Gaby Garenne.

« Comme c’est beau ! Comme c’est joli ! chantonne-t-elle, ravie. Entre vite, toi et tes amis, pour que je puisse souffler toutes mes bougies. »

FIN

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Le voyage de Raminus Rabon

Un texte écrit par Emma Baron

Pour ma fille, Mélianne

À Paris, dans le grenier d’une petite maison, vivait un vieux rat qui s’appelait Raminus Rabon. Ce jour-là, il fêtait son 99ème anniversaire quand quelqu’un toqua à la lucarne.

« Une lettre pour vous ! » claironna le pigeon facteur.

Curieux, Raminus Rabon ouvrit vite l’enveloppe.

Mon cher frère,

Je te souhaite un joyeux anniversaire.

Si un jour le cœur t’en dit, viens me voir.

Je serai ravi de t’accueillir chez moi.

Ramembert

P.S. : Une surprise t’attend.

« Une surprise ? s’exclama Raminus Rabon. Mais qu’est-ce que cela peut-être ? »

Et aussitôt, il prépara sa valise pour ce long voyage. Car, en effet, son frère vivait à l’autre bout de la Terre. Il habitait sur l’île Saint Augustine en Alaska.

C’était le premier jour de l’hiver. Les arbres perdaient leurs dernières feuilles. Toute la journée, Raminus Rabon marcha, sa petite valise à la main.

Le soir, alors qu’il avait rejoint la campagne, il vit trois jeunes mulots fouiller la terre.

« Qu’est-ce que vous cherchez ? » demanda Raminus Rabon en s’approchant.

« Nous cherchons à manger, expliquèrent les mulots, mais les sangliers ont tout emporté. » 

Raminus Rabon avait trois sacs de grain et de bon cœur, il les leur offrit. Au moins pour ce soir, les mulots n’auraient pas faim.

« Ce n’est peut-être pas grand chose, dit le rat, mais ce que je peux faire, je le fais. »

Et il poursuivit son voyage.

Or une famille de lièvres habitaient la prairie. Ils avaient tout vu et tout entendu. Ils s’approchèrent des mulots pour partager leurs provisions si bien que durant tout l’hiver, aucun rongeur n’eut faim.

Quelques semaines plus tard, il y eut une tempête de neige. Alors que le rat arrivait à la lisière d’une forêt, il aperçut une maman écureuil et ses petits qui s’affairaient autour d’un nid.

« Qu’y-a-t-il ? » demanda Raminus Rabon en s’approchant.

« A cause de la tempête, notre hotte est tombée et s’est cassée. » expliquèrent les écureuils.

Le rat prit plusieurs brindilles qu’il trouva sous la neige et les aida à réparer leur nid.

« Ce n’est peut-être pas grand chose, dit le rat, mais ce que je peux faire, je le fais. »

Et il poursuivit une nouvelle fois sa route.

Des chouettes vivaient là elles aussi. Elles avaient tout vu et tout entendu. Grâce à leurs puissantes serres, elles soulevèrent le nid et le remirent à sa place dans la fourche du chêne.

L’hiver laissa la place au printemps. Raminus Rabon avait marché pendant des mois et il était fatigué. Il arriva sur une plage où il n’y avait personne. Plusieurs bouteilles jonchaient le sable et ce n’était vraiment pas beau.

Raminus Rabon les ramassa et les jeta à la poubelle.

« Ce n’est peut-être pas grand chose, dit le rat, mais ce que je peux faire, je le fais. »

Et après s’être reposé, il poursuivit sa route.

Les crabes cachés sous les rochers avaient tout vu et tout entendu. Aussi, quand le rat fut parti, ils rassemblèrent les bouteilles qui gisaient au fond de la mer et les jettèrent à la poubelle.

Le rat quitta la France à bord d’un très grand bateau. Il profitait de la brise marine lorsqu’il aperçût deux mouettes se battre autour d’un bout de pain.

« Qu’y-a-t-il ? » demanda Raminus Rabon en s’approchant.

« Ce pain est à moi ! » criait l’une.

« Non, il est à moi ! » rétorquait l’autre.

Raminus Rabon prit le pain, le partagea en deux et donna à chacune une moitié et il partit dormir dans la cabine du Capitaine.

Les semaines passèrent. Quand le rat arriva à New York, c’était déjà l’été. Les feuilles des arbres étaient vertes et luisaient sous les rayons du soleil.

Sa valise à la main, Raminus Rabon se dirigeait vers la gare prendre son train quand il vit deux opossums la gueule grande ouverte vers le ciel.

« Qu’est-ce que vous faites ? » demanda le rat en s’approchant.

« Nous avons soif, expliquèrent-ils, nous attendons la pluie. »

Le rat avait toujours sur lui une gourde bien remplie. Il la donna aux opossums.

« Ce n’est peut-être pas grand chose, dit le rat, mais ce que je peux faire, je le fais. »

Et Raminus Rabon monta à bord du train.

Des ratons laveurs qui vivaient là, avaient tout vu et tout entendu. Ils connaissaient une source sous la ville où l’eau ne manquait jamais. Alors, ils y emmenèrent les opossums qui ravis n’eurent plus jamais à attendre la pluie.

Installé confortablement dans les cuisines du train, Raminus Rabon traversa l’Amérique toute entière.

Après des jours et des jours de voyage, le train arriva au Canada où l’automne était déjà là. Raminus Rabon reprit sa longue marche.

Finalement, il arriva sur les rives de l’Alaska. Il se demandait comment aller sur l’île où habitait son frère quand le vent se mit à souffler. Un ballon rouge s’envola. Vite, Raminus Rabon attrapa la ficelle et s’envola haut dans le ciel.

Il survola la mer. Il admirait la lune quand soudain le ballon éclata.

« A l’aide ! » hurla Raminus Rabon en tombant.

Brusquement, sa chute s’arrêta. Une mouette l’avait rattrapé par la queue tandis qu’une autre l’installait sur son dos.

« Merci, lui dit le rat, vous m’avez sauvé la vie. »

C’étaient les mouettes du bateau, celles qui se querellaient pour le bout de pain.

« C’est nous qui te disons merci, répondirent les mouettes. Grâce à toi, nous sommes amies aujourd’hui. »

Et elles déposèrent le rat sur l’île Saint Augustine au pied d’un volcan gigantesque. C’était à nouveau l’hiver. Une aurore boréale illuminait la neige qui recouvrait tout.

Enfin, Raminus Rabon était arrivé chez son frère Ramembert. Vite, il frappa à la porte. Les deux frères se serrèrent dans leurs pattes.

« Viens vite voir ta surprise ! » lui dit Ramembert. Il lui montra l’énorme fromage aux cents étages sur lequel il avait planté 100 bougies. Cela lui avait pris un an pour le faire, un an pour le cuisiner, un an pour le préparer.

« Ce n’est peut-être pas grand chose, lui dit Ramembert, mais ce que je peux faire, je le fais. Joyeux anniversaire mon frère ! »

Raminus Rabon avait voyagé pendant 1 an et il venait d’avoir 100 ans !

« Joyeux anniversaire à toi aussi ! » lui répondit celui-ci, heureux de revoir son jumeau.

Et le soir venu, tout deux soufflèrent leurs 100 bougies puis ils dansèrent et s’amusèrent toute la nuit avec leurs très nombreux amis.

FIN

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Mission sourire

Un roman écrit par Emma Baron

A ma fille, Mélianne

Les personnages de l’histoire : Tom, Max, Moira et monsieur Peterson

Chapitre 1

Un étrange voisin

Moi, c’est Tom. J’habite à New York dans une rue où toutes les maisons sont mitoyennes.

Sur le mur de ma chambre, j’accroche mon nouveau poster de la statue de la Liberté. C’est mon rêve de monter tout en haut. Ce n’est pas loin mais comme ma mère travaille tout le temps, même le week-end, je ne suis pas prêt d’y aller un jour.

Je jette mon sac à dos par-dessus mon épaule et j’enfile ma super casquette à l’effigie de ma statue préférée.

– Tom, tu vas manquer ton bus ! me crie ma mère depuis la cuisine. Et n’oublie pas ton repas du midi. Je t’ai fait un sandwich au beurre de cacahuète et à la gelée de raisin.

Je descends les escaliers quatre à quatre, glisse ma lunch box* dans mon sac et sors en criant :

– Merci m’an ! A ce soir !

* boîte qui contient le déjeuner des enfants américains

Brrr ! Dehors, il fait un froid de canard.

L’arrêt du bus scolaire est juste devant ma maison. C’est pratique ! Moira, ma voisine, sort les poubelles. Avec ses cheveux mauves et sa tarentule apprivoisée sur son épaule, elle ne passe pas inaperçue. Tous les après-midis, elle vient m’aider à faire mes devoirs. Un grand sourire sur le visage, elle me lance :

– Bonjour Tom ! Ça va ?

Au moment où je la salue à mon tour, monsieur Peterson, mon voisin qui habite la maison d’en face, sort en robe de chambre chercher son journal. Tous les jours, il le ramasse exactement à la même heure ! 7h25 pile. C’est un vieux monsieur tout petit, avec de gros sourcils qui lui donnent un air grincheux.

Je me demande si je dois lui dire bonjour. Il ne parle jamais à personne. Alors qu’il rentre chez lui, je tente :

– Bonjour monsieur Peterson…

Mais il ne se retourne même pas. Je suis bien embarrassé ! Son chat non plus n’a pas l’air sympathique. Les poils en bataille, il s’étire comme un vieux paillasson devant la maison. Moira lève les bras au ciel.

– Quel vieux grognon ! Il ne dit bonjour à personne, me rassure-t-elle.

Je soupire. Enfin, mon bus arrive.

Chapitre 2

Une semaine spéciale

Dans le bus, je vais m’asseoir à côté de Max, mon copain. Il arrête de mâcher son chewing-gum.

– T’en fait une tête !

– J’ai le voisin le plus désagréable du monde.

– C’est vrai qu’il est bizarre, me répond Max en observant sa maison à travers la vitre. En plus, c’est tout moche devant chez lui.

Max a raison. Au milieu des mauvaises herbes jaunies traînent de vieux pots de fleurs cassés et même une citrouille pourrie de l’automne dernier. Max me demande :

– Au fait, t’as pas oublié ?

– Ça non alors !

Aujourd’hui, c’est lundi et aussi le début d’une semaine spéciale aux États-Unis.

En classe, madame Clarks nous annonce avec un grand sourire sur le visage :

– Cette semaine, c’est la semaine de la gentillesse* alors je vous encourage à faire un compliment ou faire plaisir à quelqu’un. Vous pouvez faire un peu de ménage à la maison, ou écrire un mot gentil pour vos voisins ou vos camarades de classe.

– Madame, on peut choisir qui on veut ? demande Max en levant la main.

– Bien sûr. La seule règle est de faire plaisir à quelqu’un.

Soudain, une idée me traverse l’esprit. Une mission impossible ! Un défi ! Et si j’écrivais une carte pour monsieur Peterson ? Objectif : le faire sourire !

*kindness week a lieu tous les ans au mois de Février aux USA

Chapitre 3

Un mot gentil

Après l’école, je file retrouver Moira pour mettre mon plan à exécution. Plein d’enthousiasme, je lui demande :

– Tu peux m’aider à faire du papier recyclé s’il te plaît ? J’ai déjà un tamis, il me manque juste de vieux journaux.

– Bien sûr ! me répond-elle en posant Fifi, son araignée, dans son terrarium. Je vais aller en chercher. Je te retrouve chez toi.

Les bras chargés de magazines, Moira entre dans la cuisine. Aussitôt, je les découpe en petits bouts puis je les mets à tremper dans une bassine d’eau chaude. Je malaxe le tout puis j’explique à Moira :

– Voilà, maintenant il faut juste mixer.

Quand la pâte est prête, je plonge le tamis dans le mélange et le ressors. Puis, après quelques manipulations, je presse la nouvelle feuille sur un chiffon. Moira l’aplatit avec le rouleau à pâtisserie pour faire sortir le surplus d’eau. Il n’y a plus qu’à laisser sécher la nouvelle feuille au-dessus du four.

Une fois sèche, Moira l’examine entre ses doigts. Elle me demande :

– Tu vas faire quoi avec ?

– Une carte pour monsieur Peterson !

– Quoi ! Tout ça pour lui ? Ce vieux bonhomme pas sympa ? s’étonne-t-elle avec des yeux ronds. On aurait pu en acheter une…

– Je voulais lui fabriquer quelque chose de personnel. Un cadeau acheté ce n’est jamais aussi bien qu’un cadeau fait maison.

Tout sourire, je monte dans ma chambre. Je plie la carte en deux et j’y dessine la maison de monsieur Peterson sans oublier son chat. Maintenant, il faut que je trouve quoi lui écrire. Je me rends compte que je ne le connais pas au fond, puisqu’il ne parle à personne.

J’écris :

Cher monsieur Peterson

Je viens vous offrir un sourire,

Vous êtes un voisin discret,

J’espère que cette petite carte vous fera plaisir.

Tom

La seule chose que j’attends en retour c’est de le voir sourire. Quand j’ai terminé, je mets ma carte dans sa boîte aux lettres. J’espère que mon plan va marcher !

Chapitre 4

Mauvaise nouvelle

Ce matin, je me suis réveillé plus tôt que d’habitude. J’ai hâte de voir la réaction de monsieur Peterson ! Je rejoins ma mère dans la cuisine.

– Tu es bien matinal, me dit-elle avant de me servir mes pancakes préférés : ceux aux myrtilles avec du sirop d’érable dessus.

Mais aujourd’hui, pas le temps de savourer, je me dépêche de finir mon petit-déjeuner et je sors.

A l’arrêt de bus, je tourne en rond. Il est 7h20. Mes yeux sont braqués sur sa porte. 7h23. Le temps passe lentement quand on est pressé… 7h24 La porte est toujours fermée. 7h25, ça y est ! Mon cœur bat la chamade.

J’attends. Rien. Pas un mouvement. 7h26. Impossible ! Monsieur Peterson n’est jamais en retard. Soudain, une voiture s’arrête devant sa maison. Une dame en blouse bleue* en sort. Je devine que c’est une infirmière.

* les infirmières aux États-Unis portent une tenue bleue

Je frappe chez Moira. Elle enfile sa robe de chambre et vient me rejoindre. Je lui fais part de mon inquiétude :

– Il a dû arriver quelque chose…

A notre grande surprise, l’infirmière sort des clefs de sa poche, ouvre la porte de la maison de monsieur Peterson et disparaît à l’intérieur. Nous attendons anxieusement. Cinq minutes plus tard, elle ressort avec son chat pouilleux dans les bras.

Moira et moi traversons la rue. En nous voyant approcher, l’infirmière me lance, sympathique :

– Tu en as une belle casquette ! Tu as déjà visité la statue de la Liberté ?

Je l’enlève et je regarde l’image brodée dessus. Je soupire.

– Non… mais c’est mon rêve d’y aller un jour.

Puis, je lui demande à brûle-pourpoint :

– Pourquoi venez-vous chercher le chat de monsieur Peterson ? Il est mort ?

– Mais non, il n’est pas mort ! réplique l’infirmière en riant. Il va bien, mais hier matin il a eu quelques ennuis de santé et il a dû se rendre à l’hôpital. Il va devoir suivre un traitement.

– Quand doit-il rentrer ? lui demande Moira.

– Si tout va bien, lundi prochain dans l’après-midi.

Soulagé, je caresse le félin et demande :

– C’est vous qui allez vous occuper de son chat alors ?

Mais le bus scolaire arrive dans un bruit de moteur épouvantable.

L’infirmière n’a pas bien entendu. Elle répond :

– Le chat ? Il s’appelle Smoothie.

Je suis sûr le point de reposer ma question, lorsque Max sort la tête par la fenêtre ouverte de l’autobus et me crie :

– Tom ! Dépêche-toi. Tu vas nous mettre en retard !

Moira confirme :

– File avant qu’il ne reparte sans toi.

A contre-cœur, je monte dans le bus qui redémarre aussitôt.

Chapitre 5

Opération jardinage

Dans le bus, je retrouve Max la main plongée dans un sac de cookies aux pépites de chocolat.

– Qu’est-ce qui s’est passé ? me demande-t-il la bouche pleine.

Plutôt embêté, je lui réponds :

– Monsieur Peterson a des problèmes de santé…

– Super ! Tu dois être content !

Je hausse les épaules.

– Je suis triste pour lui en fait… je voulais lui donner une carte pour le faire sourire.

Max paraît surpris, et il passe sa main pleine de graisse sur mon front. Puis, il me tend un cookie.

– T’es pas malade ? Tiens, si ça peut te remonter le moral. J’en ai fait pour toute la classe.

A l’école, madame Clarks demande aux élèves ce qu’ils ont fait comme actes de gentillesse. Vient le tour de Max. En se frottant la nuque, il répond  :

– Des cookies… mais… euh… il n’en reste déjà plus beaucoup. Vous voulez le dernier m’dame ?

Madame Clarks le regarde mi-amusée mi-consternée, puis m’interroge :

– Et toi, Tom ?

– J’ai écrit une carte pour mon voisin mais il n’a pas pu la lire. Il est à l’hôpital…

Toute la classe me regarde, ennuyée pour moi. Madame Clarks se tourne vers les élèves.

– Comment pourrait-on aider Tom ?

Amy, une camarade de classe, me conseille :

– En attendant qu’il ait ta carte, tu peux peut-être faire autre chose pour lui ?

Max, qui se balance sur sa chaise, propose :

– On pourrait t’aider à refaire le jardinet devant chez lui. Il en a bien besoin. Je suis sûr que ça lui ferait plaisir. Mais bon, faut pas s’attendre à ce qu’il nous dise merci vu son caractère…

Amy ajoute :

– Ma mère travaille dans une jardinerie. Comme c’est l’hiver, elle récupère plein de plantes et de buissons invendus. Si tu veux, je peux en apporter.

Quelle super idée ! J’ai hâte de voir la tête de monsieur Peterson quand il va rentrer chez lui lundi après-midi. Cette fois, je suis sûr de lui décrocher un sourire !

Pendant le week-end, nous retroussons nos manches dans le jardinet. Moira arrache les mauvaises herbes entre les pierres. Max et moi coupons le lierre fané enroulé autour de la rampe d’escalier. Puis quelques heures plus tard, Amy arrive avec sa mère les bras chargés de plantes. Après beaucoup d’efforts, le petit jardin devant la maison est méconnaissable.

Moira nous félicite :

– Vous avez fait du très bon travail ! Maintenant il n’y a plus qu’à attendre.

Chapitre 6

Smoothie

Le lundi après-midi, Max et moi sommes assis derrière la fenêtre de ma cuisine, aux aguets. Nous épions la maison de monsieur Peterson. Le silence règne dans la rue. Assise à côté de nous, Moira caresse Fifi, sa tarentule. Quand soudain un taxi s’arrête. Je mets un coup de coude à Max :

– C’est lui !

Monsieur Peterson descend de voiture et s’avance vers sa maison. Surpris, il s’arrête net. Il observe ses nouveaux buissons.

En me levant, je dis à Max :

– Je vais lui demander si ça lui plaît !

Surexcité, je cours dehors et je m’approche de lui. Mais monsieur Peterson me regarde sans rien dire ! Il me fait juste un signe et rentre chez lui. Mais que fait-il ? Il aurait pu me dire bonjour au moins. Déçu, je rentre chez moi retrouver Max et Moira.

Les bras croisés, assis sur le canapé du salon, je suis furieux. Moira me rassure :

– Il sort juste de l’hôpital, il est peut-être fatigué, tu sais. Et puis, il ne nous a rien demandé…

– Oui, ou peut-être que ça ne lui plaît pas, rétorque Max. De toute façon, c’était sûr qu’il allait réagir comme ça.

Soudain, je repense à son chat, Smoothie. Je demande à Moira :

– Au fait, il est devenu quoi son chat ? L’infirmière va le lui ramener cet aprem ?

Embêtée, Moira finit par m’avouer :

– Non, elle l’a emmené dans un refuge pour animaux. Monsieur Peterson n’a personne pour s’occuper de lui pendant qu’il sera à l’hôpital alors il a dû se résoudre à s’en séparer.

Un cookie dans la bouche, Max fronce les sourcils et s’exclame :

– Il est horrible d’abandonner son chat !

– Non… Il adore son chat, explique Moira en secouant la tête. Il a eu beaucoup de mal à prendre cette décision. L’infirmière qui est venue le récupérer m’a dit qu’il était très triste de devoir s’en séparer.

En colère, je me lève et m’écrie :

– S’il nous avait parlé, on aurait pu l’aider. Moi, je veux bien aller nourrir son chat quand il doit s’absenter. Ce n’est pas compliqué et ça me prendrait seulement deux minutes avant de partir pour l’école !

Je frappe du poing la paume de ma main. J’ai une nouvelle idée !

– Je sais ! On va aller chercher Smoothie et je vais le lui ramener. Je lui expliquerai que je veux bien en prendre soin. Avec un peu de chance, je vais réussir à le décrocher, son sourire ! Moira, est-ce que tu as le nom du refuge ?

– Oui, c’est à côté de Central Park… Tu es sûr que tu t’en occuperas ?

– Sûr de sûr ! Je m’occupe bien de Fifi quand tu dois partir en vacances.

– C’est vrai qu’on peut compter sur toi. Bon allons-y ! On va prendre le métro.

Chapitre 7

Une surprise inattendue

Au refuge, nous voyons un tas d’animaux qui attendent d’être adoptés. Ça me fend le cœur. Dans une cage un peu à l’écart, j’aperçois Smoothie assis sur un coussin. En silence, Max, Moira et moi nous approchons de lui. Ce qu’il a l’air malheureux. Il me fait de la peine.

En pointant du doigt la cage, je demande à une dame qui travaille au refuge :

– Bonjour, je voudrais récupérer le chat de monsieur Peterson. On vient de trouver une solution pour qu’il puisse le garder.

– Et bien ! Tant mieux, me répond cette dernière soulagée, car honnêtement il aurait été difficile de lui trouver une nouvelle famille. Il est trop vieux.

Smoothie dans les bras, nous rentrons. Cette fois, monsieur Peterson ne pourra que sourire ! Tendu, je m’approche de sa maison et frappe à la porte. Monsieur Peterson ouvre. Ses yeux s’agrandissent en apercevant son chat. Confiant, je lui explique :

– Bonjour monsieur Peterson. Je suis Tom votre voisin. Je vous propose de nourrir Smoothie pendant que vous serez à l’hôpital.

Deux grosses larmes coulent sur le visage du vieux monsieur. Il prend Smoothie dans ses bras. Je poursuis :

– Je nourris Fifi très souvent. C’est la tarentule…

Mais je n’ai pas le temps de finir que monsieur Peterson… retourne chez lui ! Je reste debout sans comprendre. Mais il ressort aussitôt, ma carte dans les mains !

Il me la tend. Surpris, je secoue la tête et lui dis :

– Elle ne vous a pas plu ?

Monsieur Peterson me fait signe de l’ouvrir. Ce que je fais. Un mot est glissé dedans.

Je lis :

L’infirmière m’a apporté ta carte.

Merci pour avoir pris soin de mon jardinet.

Je voulais te le dire tout à l’heure mais je ne trouvais pas de stylo !

Et quand je suis ressorti, tu n’étais plus là.

Je suis sourd-muet. Je ne peux ni parler ni entendre.

C’était donc pour ça qu’il n’avait pas répondu à mon bonjour ! Pour ça qu’il était rentré chez lui tout à l’heure ! Moira sort un crayon de son sac et me le tend. J’écris ce que je voulais lui expliquer à propos de son chat et qu’il n’a pas pu entendre. Il efface ses larmes et lit mon message. Après m’avoir fait signe d’attendre, il retourne chez lui et ressort avec un ticket dans la main.

Il reprend la carte et écrit :

Merci de m’avoir ramené mon chat et de me proposer si gentiment de le nourrir. J’accepte volontiers.

Pour te remercier de tout ce que tu as fait pour moi, je t’offre ce ticket pour aller visiter la statue de la Liberté. J’espère que ça te fera plaisir.

Je lis son message en tremblant. Moira me propose aussitôt :

– J’irai avec toi si tu veux.

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Je n’arrive pas à y croire. Je vais réaliser mon rêve ! Fou de joie, je relève la tête. Je vois un sourire immense, un sourire immense qui illumine le visage de monsieur Peterson. Et ce sourire là, je ne l’oublierai jamais.

FIN

histoires

Le courage de Lula

Un roman de Emma Baron

Les personnages : Lula, Chapo et Caracroche

Pour fêter l’arrivée de la reine, Lula et son chat Chapo aident à décorer le village mais Caracroche, l’horrible sorcière des bois, a décidé de tout gâcher.

Chapitre 1

Le plan de Caracroche

Comme chaque hiver, les sorcières se préparent à accueillir leur reine. A califourchon sur leur balai, toutes décorent les tours et les fenêtres des maisons, toutes… sauf Lula.

Pendant que son chat Chapo dort à côté d’elle, Lula trie les guirlandes. Une petite sorcière s’approche d’elle.

– Tu ne t’ennuies pas ? lui demande-t-elle à l’aise sur son balai.

– Non… répond Lula.

Elle la regarde partir et soupire. Lula aimerait apprendre à voler mais elle a peur de tomber.Chapo ouvre un œil.

– Tu devrais essayer, chuchote-t-il.

Lula regarde son balai avec envie.

– D’accord, répond-t-elle en prenant la monture.

Tendue, elle enfourche son balai. Chapo s’assoit devant elle. Le balai décolle doucement. Lula monte plus haut mais elle a si peur qu’elle perd le contrôle du balai. Il accélère brusquement.

Il file tout droit vers la forêt enneigée. Soudain, Lula bascule et atterrit au milieu des sapins. Ouille !

– C’est raté, dit-elle tristement en se relevant.

– Ce n’est pas grave, la rassure Chapo, tu as… Oh non ! Nous sommes tombés à côté de la maison de l’horrible Caracroche !

Au même instant, la porte de la sinistre maison s’ouvre. Vite, Lula et Chapo se cachent derrière un buisson.

– Hi hi hi ! ricane la sorcière, elles vont en faire une tête au village quand elles vont me voir descendre du carrosse !

Puis, elle monte sur son balai et s’envole.

– Elle veut prendre la place de la reine, s’écrie Lula.

– Suivons-là, suggère Chapo.

Ils courent entre les arbres sans quitter des yeux Caracroche.

Chapitre 2

Au secours de la reine

Lula et Chapo sont épuisés. La sorcière est bien trop rapide. Soudain, à travers les nuages, la garde royale apparaît. Une dizaine de sorcières en tunique verte, à califourchon sur leur balai, encadrent le carrosse volant de la reine.

– Je ne vois plus Caracroche, soupire Chapo.

Lula montre un sapin.

– Elle est cachée là, dans les branches !

Caracroche sort sa baguette.

– On ne peut rien faire d’ici, s’inquiète le chat.

Lula prend une profonde inspiration et enfourche son balai.

– Il faut que j’essaye de l’arrêter. Monte ! ordonne-t-elle à Chapo.

Le chat bondit sur le balai. Lula se concentre sur Caracroche. Son cœur cogne fort. Fermement, elle donne un coup de talon sur le sol. La voilà propulsée dans les airs. Les moustaches de Chapo frémissent sous le vent.

Mais Caracroche brandit sa baguette vers les gardes :

– « Gardes à la noix, transformez-vous en petits pois ! »

Prises par surprises, les sorcières tombent les unes après les autres. Une pluie de gouttes vertes s’abat sur la forêt.

L’horrible sorcière s’apprête à jeter un sort sur le carrosse mais Lula arrive à sa hauteur. Chapo bondit sur sa baguette qui tombe dans le vide. Surprise, Caracroche perd le contrôle de son balai. Elle attrape Chapo par une patte et l’entraîne dans sa chute.

Lula hurle :

– Chapooooo !

Elle s’élance après lui mais il est trop tard. Quand elle atterrit au milieu des sapins, elle aperçoit juste la queue du chat dépasser de la neige. Alors qu’elle le dégage, une voix derrière elle gronde :

– Ma petite, tu ne perds rien pour attendre !

C’est Caracroche ! La sorcière a retrouvé sa baguette et elle est furieuse.

Chapitre 3

La récompense

Lula et Chapo reculent. Mais Caracroche regarde le balai de la petite fille et agite sa baguette vers lui.

– « Balai de mioche, deviens poudre de roche ! » dit l’horrible sorcière. Et maintenant à ton tour !

– Ne te laisse pas intimider, chuchote Chapo à Lula. Regarde ce dont tu as été capable.

Caracroche brandit sa baguette vers Lula.

Mais la petite sorcière est plus rapide.

– « Caracroche, transforme-toi en arbre tout moche ! »

Des étincelles jaillissent de la baguette. Un nuage brun entoure la sorcière. Quand il se dissipe, un arbre sans feuilles et tout biscornu se tient à sa place. Le visage de la sorcière est gravé sur l’écorce.

– C’est bien fait Caracrotte ! s’exclame Chapo.

Le carrosse atterrit. La reine, dans sa robe de velours rouge, descend. D’un coup de baguette, elle redonne leur forme aux gardes. Elle regarde l’arbre puis elle s’avance vers Lula et Chapo.

– Merci ! Toi et ton chat, vous m’avez sauvé la vie. Venez, je vais vous ramener au village.

Avant de monter à son tour, la reine aperçoit une trace blanche sur le sol (illustration : en forme de balai) et comprend que Caracroche a réduit en poussière le balai de Lula.

Depuis la fenêtre du carrosse, la petite sorcière et son chat regardent les toits des maisons. L’attelage se pose sur la place du village. Sous les applaudissements, la reine sort du carrosse. Elle réclame le silence et dit :

– Lula, Chapo, venez !

Timidement, la petite sorcière et son chat descendent. Les sorcières n’en croient pas leurs yeux.

Devant la foule, la reine annonce :

– Grâce à leur courage, Lula et Chapo m’ont sauvé des griffes de l’horrible Caracroche.

La reine fait signe à un garde de détacher son balai de l’attelage. Puis, elle le tend à Lula.

– Je sais que Caracroche a détruit le tien, commence-t-elle. Alors, pour te remercier, je t’offre le mien.

Avec joie, Lula prend l’objet richement décoré entre ses mains. Comme il est beau !

– Et maintenant, que la fête commence ! s’exclame la reine.

Curieuses, toutes les sorcières cherchent Lula pour lui poser des questions. Mais Lula n’est plus là. Elle vole au-dessus des nuages, Chapo à ses côtés. Car, la petite sorcière n’a plus peur de voler !

FIN

Poésies

Quand je serai grande

Quand je serai grande,
Je changerai le monde,
J’expliquerai aux Hommes,
Qu’apprendre à s’aimer,
Ce n’est pas si compliqué.
Et je poserai sur les immeubles,
De grands oiseaux en papier mâché,
Et je peindrai dans les bureaux,
Les bureaux des grands qui oublient de rêver,
Des animaux de toutes les couleurs,
Pour leur faire oublier leurs malheurs,
Et j’irai dans les jardins,
Les jardins du monde entier,
Planter dans chaque pot de fleur,
Les graines du bonheur,
Pour faire de ce monde,
Un monde meilleur.

Emma Baron

Poésies

Le jardin intérieur

A ma fille, Mélianne

Il existe un endroit, un lieu unique où personne d’autre que moi ne peut aller.

Je suis la seule personne sur cette Terre à en posséder la clef.

Dans ce grand jardin, je suis en sécurité.

Je suis chez moi.

Je peux être heureuse et je peux être triste.

Je peux être moi-même.

Ici, le temps n’existe pas.

Seul le murmure du vent dans les saules est invité à venir me rencontrer.

Les moineaux et les ramiers volent dans un ciel limpide où le jour et la nuit se confondent en une douce mélodie.

Dans cet immense jardin sauvage, le parfum du chèvrefeuille embaume les cours d’eau où les nénuphars en fleur parlent tout bas aux hortensias.

Ce beau jardin est un lieu unique parce que je l’ai créé.

Il existe seulement parce que j’existe moi aussi.

Chaque fois que j’en ai besoin, je m’y réfugie.

Parfois, je pose ma joue contre l’écorce d’un lilas et je réfléchis sur la vie. Parfois je m’allonge sur la branche haute d’un arbre et je rêve.

Je regarde le ciel puis je ferme les yeux.

J’écoute l’enfant que j’étais et que je ne suis plus.

Je l’écoute rire, je l’écoute pleurer aussi pour pouvoir la consoler.

A la lisière d’un sous-bois, j’aperçois la vieille femme que je serai un jour.

Et prenant ses mains dans les miennes, je souhaite qu’elle puisse me révéler comment ma vie va se terminer.

Et, avant de repartir dans la réalité, je suis en paix avec moi-même,

Sereine et silencieuse comme un train arrêté sur les rails d’une gare abandonnée.

Maintenant c’est à toi que je viens transmettre cette poésie. Crée un jardin aussi beau que celui-ci et cultive-le tout au long de ta vie.

Emma Baron

Poésies

Le pigeon, le chat de gouttière et le chien errant

Photo : Chains86 User Profile | DeviantArt

A Paris sous un pont,
Picore un pigeon,
Des quelques miettes,
D’un sandwich au jambon.

Mais le pigeon n’a pas vu,
Le chat de gouttière le guetter.
Mais le chat n’a pas vu,
Le chien errant approcher.

Brusquement,
L’oiseau s’envole,
Le félin décampe,
Mais le chien, lui, s’ est assis.

Sur sa fourrure sale, il a senti,
La main d’un vieil homme le caresser,
Pour lui faire oublier,
Qu’il est seul à Paris.

Emma Baron