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Un jour, un maître d’école, un certain Mr Brandit, a emmené sa classe de CE1 dans une bibliothèque. Il a pris les enfants par la main et les a invités à s’asseoir sur des coussins multicolores. Il a choisi plusieurs livres de la bibliothèque rose et il a dit :

« Les livres sont des jouets extraordinaires, dès que vous en ouvrez un, vous voyagez dans des mondes remplis d’aventures et de secrets. »

J’ai ouvert un livre et j’ai alors compris ce qu’il voulait dire. J’avais 7 ans. Depuis cet âge, je lis… et j’écris.

histoires

Le remplaçant aux mains d’acier

Emma Baron

Les personnages : Lucie, Yolo et R.Viktor

Lucie et Yolo sont élèves de CE2. Enceinte, leur maîtresse leur annonce qu’elle doit partir en congé maternité. Pour la remplacer, le directeur leur réserve une surprise.

Chapitre 1

Le départ de la maîtresse

Aujourd’hui n’est pas un jour comme les autres. Mme Legrand, notre institutrice, doit partir en congé maternité. Un peu triste, j’entre en classe avec mon meilleur ami, Yolo. Nous la regardons ranger ses affaires. Elle qui est si gentille, elle va beaucoup nous manquer.

Voilà Luc, le gros dur de la classe. Il fait toujours du mal aux autres. Aujourd’hui ne fait pas exception, il pousse Yolo. Puis, assis derrière son pupitre, il commence à m’envoyer des boulettes de papier. Ce qu’il peut me mettre en colère ! Dans ces moments-là, j’aimerais avoir des pouvoirs magiques pour les lui faire avaler !

A présent, tous les élèves sont là. Mme Legrand a terminé de vider son bureau. Les mains sur son ventre rond, elle nous dit :

― Bon et bien, voilà, aujourd’hui c’est le grand jour. J’espère que vous allez être sages pendant mon absence…

― Ah ah ! La bonne blague, s’exclame Luc effrontément.

― Luc, tais-toi, se fâche Mme Legrand.

Je lève le doigt.

― Oui, Lucie ?

― Qui va vous remplacer quand vous serez partie ?

Mais elle n’a pas le temps de répondre car on frappe à la porte.

Le directeur entre. Tous les élèves se lèvent, tous sauf Luc évidemment.

― Bonjour les enfants. Vous pouvez vous asseoir. Comme vous le savez déjà, Mme Legrand doit partir aujourd’hui. Mais pour vous faire la classe, notre école a été choisie pour tester un… nouveau type de remplaçant. Il nous vient tout droit du laboratoire.

Il se tourne vers la porte. Des pas résonnent et font trembler le sol de l’école. Inquiets, nous tournons la tête en direction du couloir. J’ai un mauvais pressentiment…

Chapitre 2

Un robot dans la classe

Une forme immense et métallique entre. Je n’en crois pas mes yeux ! C’est un robot ! Nous nous regardons les uns les autres. Un silence de plomb règne dans la classe. Même le jardinier dans la cour s’est arrêté de travailler. Stupéfait, il observe, ses cisailles dans les mains, le robot par la fenêtre.

Le directeur nous explique :

― Ce robot s’appelle R.Viktor. Il va remplacer Mme Legrand pendant son congé maternité.

Luc, s’exclame :

― C’est une blague, M’sieur ? Ce n’est pas un tas de ferraille qui va nous surveiller quand même !

Le directeur lui jette un regard noir.

― Toi, dans le couloir ! On ne m’interrompt pas !

Luc a l’habitude du couloir, il le connaît par cœur. D’ailleurs, une fois, il a compté tous les carreaux du carrelage.

Le directeur demande au robot :

― R.Viktor ?

Ce dernier tourne sa tête triangulaire vers lui et le regarde avec ses yeux bleus lumineux. Le directeur blêmit. Le robot répond de sa voix métallique et hachée :

― R.Vik-tor, nu-mé-ro 209-8X1. Ac-ti-va-tion com-plète. Est-ce que ce sont les é-lèves à ma charge ?

Le directeur hoche la tête.

Le robot nous regarde les uns après les autres pour nous enregistrer dans sa mémoire. Quand il arrive à ma hauteur, je me raidis. Son rayon bleu m’analyse une seconde avant de passer à l’élève suivant. Le directeur retrouve son assurance et sourit.

― Oui, R.Viktor, voici vos élèves. Luc entrez immédiatement.

Luc ouvre timidement la porte. Le directeur le pousse devant le robot.

― Celui-ci, R.Viktor, c’est le pire ! Scannez-le bien ! Je m’en vais. Vous aussi, Mme Legrand, reposez-vous, prenez soin de votre bébé. Ici, les choses seront, désormais, sous contrôle !

La maîtresse tique sur le « désormais » et s’en va en nous lançant un regard qui veut dire « J’espère que vous ne ferez pas les andouilles ! ». La porte se referme, nous laissant seuls avec notre remplaçant. Je déglutis.

Chapitre 3

Garde à vous  !

R.Viktor s’installe au bureau de Mme Legrand. Inquiets, nous le regardons faire. Les doigts croisés, la tête bien droite, il nous dit :

― Bien, ou-vrez vos ca-hiers d’é-cri-tu-re, nous a-llons é-crire la date d’au-jour-d’hui.

Sages comme des images, nous obéissons. La classe n’a jamais été aussi silencieuse. R.Viktor se lève et trace impeccablement «Mardi 2 Mai» au tableau.

Mais les mauvaises habitudes de Luc reprennent vite le dessus. Il vole la gomme de Yolo assis à côté de lui. En colère, Yolo essaye de la récupérer. R.Viktor intervient :

― Lu-c, rend la gom-me à Yo-lo im-mé-dia-te-ment.

Yolo ainsi que tous les élèves regardent Luc. Il cache la gomme derrière son dos sans intention de la rendre, allant même jusqu’à répondre :

― Sinon quoi, le bidon d’huile ?

Tout le monde regarde à présent le robot en se demandant ce qui va se passer.

R.Viktor s’avance vers lui.

― Tu re-co-pie-ras 100 fois « je ne dois pas man-quer de res-pect en-vers mon pro-fe-sseur. »

― 100 fois ? Non mais ça ne va pas la tête ! D’habitude, c’est 10, pas 100.

Yolo profite de la mine déconfite de Luc pour reprendre sa gomme.

R.Viktor continue :

― Tu es au-ssi pri-vé de ré-cré-a-tion.

Luc fixe le robot profondément agacé. Jamais, il n’a été privé de récré. Et la récré, c’est sacré. Je suis contente pour Yolo. Luc a ce qu’il mérite. Au lieu de jouer, il va devoir copier ses lignes. Vive R.Viktor ! Cependant, une question me turlupine. Qui va surveiller Luc s’il doit rester en classe ? R.Viktor ne peut pas se diviser en deux.

Chapitre 4

Panique à l’école

La cloche de la récréation sonne. Alors que nous nous mettons en rang, R.Viktor ouvre son torse et en sort, à notre grande surprise, un mini robot, pas plus grand qu’une trousse. Il le pose sur le pupitre de Luc. Le robot nain le prévient de sa voix aiguë :

― Si tu bouges de ta place et si tu ne copies pas tes lignes, je le dirais à R.Viktor et tu auras 100 lignes de plus.

Luc ne dit rien. Il en a marre de ces robots. La maîtresse lui manque. Elle, au moins, elle était humaine.

Nous sortons tous dans la cour intérieure de l’école, enfin tous sauf Luc. Le jardinier nous donne notre ballon et nous demande, nerveux qu’un robot prenne la place de Mme Legrand :

― Alors votre remplaçant ? Il est mieux qu’un être humain ?

Contente de l’expérience, je lui réponds :

― Il est très bien, en plus il y en a un autre, plus petit, qui surveille Luc. Mais ces robots ne pourront jamais remplacer notre maîtresse…

― Ah ça, vous verrez ! Un jour, il n’y aura plus que des robots… mais vous êtes trop petits pour comprendre de toute façon !

Il disparaît dans l’école. Quelle mouche l’a piqué ? S’il y a bien une chose que je déteste, c’est que l’on me dise que je suis trop petite pour comprendre.

― Il est juste mal luné, me rassure Yolo. Tu veux jouer à la balle au prisonnier ?

Alors que je suis en train de marquer un point, on entend des cris provenant de la salle de classe. Nous courons tous regarder ce qui se passe par la fenêtre. Dans la classe, Luc se fait pourchasser par le mini robot.

En nous apercevant, il crie :

― Aidez-moi ! Il débloque complètement.

L’aider alors qu’il est toujours méchant avec nous ? Yolo propose à tout le monde de voter mais R.Viktor s’avance vers nous. Quelque chose ne va pas. Ses yeux qui étaient bleus sont devenus rouges. Sa tête tremble. Je me mets alors à crier :

― Sauvez-vous ! Il bugue !

Chapitre 5

Course poursuite

Le directeur qui a entendu tout le tapage, sort dans la cour.

― Mais qu’est-ce qui se passe encore ?

On n’a pas le temps de lui expliquer. C’est la panique ! Les élèves et les surveillants courent dans tous les sens ! Le robot nous pourchasse ! Comme la cour intérieure est fermée, personne ne peut s’échapper dans la rue.

Avec les autres élèves, nous nous précipitons dans le bâtiment de l’école, nous courons dans les couloirs pour atteindre la sortie mais à notre grande surprise, la porte est fermée à clé ! Le directeur arrive tout essoufflé. Il tente aussi de l’ouvrir, mais trop tard, nous sommes tous pris au piège.

― Mais qui a fermé la porte ? crie-t-il, surpris.

Nous entendons les pas lourds et effrayants de R.Viktor qui s’approche.

Le directeur se met à la recherche de quelque chose de lourd pour casser la vitre mais Yolo et moi décidons de ne pas attendre davantage. Nous rebroussons chemin et au moment où l’énorme robot surgit, nous bifurquons dans un couloir et nous nous réfugions in-extremis dans les toilettes. Haletants, nous fermons le verrou de la porte et nous nous asseyons au pied de la cuvette. Nous mettons nos mains sur la bouche pour nous retenir de crier. Les yeux grands ouverts, nous écoutons les pas du robot s’éloigner.

Soudain, nous entendons des cris. Qu’est-ce que le robot est en train de faire aux autres ? J’ai peur. Je sens mon cœur battre trop fort dans ma poitrine. Dix minutes plus tard, l’école est redevenue très calme. Nous hésitons à sortir.

― Le directeur a probablement réussi à l’éteindre… enfin j’espère, me chuchote Yolo.

― Allons voir ! Mais restons prudents…

Nous sortons sur la pointe des pieds. Il n’y a personne dans les couloirs.

Devant la porte de notre classe, Yolo me fait la courte échelle pour que je puisse regarder par la vitre. Dans un coin de la classe, j’aperçois Luc recroquevillé. Le mini robot le surveille. Ses petites mains mécaniques sont rouges comme la braise. Il surchauffe ! Il nous faut agir vite avant qu’il ne prenne feu. Je descends et j’enlève mon gilet. Doucement, Yolo ouvre la porte.

Sur la pointe des pieds, j’avance derrière le robot et paf ! Je saute dessus et le capture dans mon gilet. Gêné, Luc n’ose pas me regarder. Je lui tends la main pour l’aider à se redresser. Surpris, il accepte et nous dit en balbutiant :

― Vous… vous êtes finalement venus…

Yolo et moi hochons la tête. On réglera nos comptes plus tard. Le mini robot se débat violemment. Luc nous dit :

― Faites attention, ses espèces de petites mains mécaniques brûlent. Il déraille complètement.

En effet, voilà mon gilet qui fume ! Yolo ouvre la fenêtre. Je le fais tournoyer dans les airs et vise le seau plein d’eau du jardinier. Plouf ! Accoudés tous les trois à la fenêtre, nous regardons le robot couler. Je m’exclame :

― Un de moins !

Yolo réfléchit :

― Il faut que l’on trouve de l’aide… il doit y avoir d’autres personnes qui ont dû réussir à se cacher.

Dans le couloir, les pas lourds de R.Viktor résonnent. Le robot approche rapidement. Nous nous regardons affolés. Qu’allons-nous devenir ? Et qu’a-t-il fait aux autres élèves ?

Chapitre 6

A la rescousse

Nous nous cachons derrière la porte et attendons anxieusement. R.Viktor ralentit. Il tourne lentement la poignée. J’entends mon cœur battre dans ma poitrine. Le robot entre et s’avance dans la classe. Le plus vite possible, nous sortons en passant derrière lui.

Nous nous précipitons dans le couloir. Le robot s’est retourné et nous a vu. Il se lance à notre poursuite. Il ne court pas aussi vite que nous mais lui, il ne se fatigue pas ! Yolo crie à bout de souffle :

― Séparons-nous ! Rendez-vous dans la salle des professeurs !

Luc et moi hochons la tête avant de prendre chacun un couloir différent.

Cinq minutes plus tard, nous nous retrouvons à l’endroit convenu.

― Tu crois qu’on l’a semé ? demande Yolo hors d’haleine.

En jetant un coup d’œil derrière nous, je réponds :

― Oui, our le moment en tout cas.

On voit alors un balai qui bloque la porte. Je fais remarquer aux garçons :

― C’est louche ! Il y a probablement des prisonniers.

Vite, nous enlevons le balai et ouvrons la porte. Le directeur est debout, les muscles du visage tendus et les bras écartés pour protéger les élèves de notre classe. Je leur demande :

― Vous allez bien ?

― Oui, répond le directeur mais il n’y a pas une seconde à perdre. R.Viktor a brouillé le réseau téléphonique. Nous ne savons pas de quoi il est capable. Il faut sortit d’ici et prévenir la police. Venez !

D’un tiroir, le directeur sort un énorme presse-papier puis il se précipite vers la sortie. Nous le suivons en courant dans les couloirs.

― Reculez ! ordonne le directeur.

Il jette le presse-papier sur la porte vitrée de l’entrée qui explose sous le choc. Toute la vitre tombe d’un coup. Le directeur fait sortir un à un les élèves dans la rue. Yolo et moi sommes les derniers. Je jette un coup d’œil derrière nous. Personne. Nous sommes sauvés ! Soudain, le robot surgit du couloir de gauche et bloque la sortie. Nous nous arrêtons, stoppés nets dans notre élan. Le robot est à quelques centimètres de moi. Le directeur, les yeux agrandis par l’effroi, ne peut rien faire contre ce colosse d’acier. Je crie au directeur :

― Allez prévenir la police ! Vite !

R.Viktor lève les bras pour m’attraper mais Yolo me tire en arrière. Ses doigts en métal m’effleurent le visage. Pour lui échapper, nous courons en sens inverse. Après dix minutes de course effrénée à travers l’école, je m’arrête, épuisée. C’est alors qu’à l’angle du couloir, j’aperçois le jardinier en train de pianoter sur un clavier d’ordinateur portable. Il n’a pas peur, lui. Il rit même… Je comprends ce qui est en train de se passer. Yolo aussi mais il est trop tard. Le robot est là. R.Viktor nous attrape par les bras et cette fois, impossible de nous échapper. Nous sommes perdus ! Quand tout à coup…

Chapitre 7

Le coupable  !

Quand tout à coup, trois policiers surgissent dans le couloir. Je leur crie :

― C’est le jardinier ! C’est lui qui a piraté les robots !

Le robot me serre trop fort. Il me fait mal. Les policiers dégainent leurs armes.

― Les mains en l’air !

Le coupable se sauve, la police à ses trousses. Le robot s’éteint. Les mains mécaniques desserrent leur étreinte. Yolo et moi nous laissons glisser sur le sol. Une policière s’agenouille près de nous :

― Ça va les enfants ?

Yolo et moi hochons la tête.

― Venez, vos parents vous attendent.

Les élèves et les enseignants, qui étaient eux aussi prisonniers, sont déjà sortis et se sont rassemblés devant l’école. Plusieurs voitures de police sont garées sur les trottoirs. J’entends un hélicoptère voler au dessus de ma tête. Je cherche ma mère dans la foule. Je la trouve enfin et je cours vers elle. Elle m’ouvre grands ses bras et je me blottis contre elle.

Quelques minutes plus tard, j’aperçois le jardinier menotté. Dire que c’était lui qui manipulait les robots, lui qui avait verrouillé la porte d’entrée. Mais pourquoi ? Je pose la question à ma mère. Elle m’explique :

― A ce qu’il paraît, le jardinier était un ancien informaticien au chômage. Peut-être a-t-il été remplacé par un robot, on ne sait pas. En tout cas, il a voulu se venger. Il s’est dit que si les gens avaient peur des robots, ils n’en voudraient pas… c’est probablement pour ça qu’il les a piratés.

Yolo et sa mère nous rejoignent. Je sers mon meilleur ami dans mes bras. Quelle aventure ! On ne l’oubliera pas de si tôt ! Alors que nos mères discutent de l’événement, un journaliste, sa caméra sur l’épaule, approche.

― Bonjour, est-ce que je peux interviewer vos enfants ?

Surpris, Yolo et moi regardons le journaliste. Nos mères hochent la tête. Nous nous mettons à raconter tout ce qui s’est passé depuis le départ de la maîtresse. Petit à petit, les tensions accumulées disparaissent. D’autres journalistes s’approchent de nous. La lumière des flash nous aveugle. C’est sûr, demain on fera la une !

Chapitre 8

Amis pour la vie

Après le départ des journalistes, je reste pensive. Finalement, le vrai coupable n’était pas le robot mais un humain. Si le jardinier avait parlé de ce qu’il ressentait avec quelqu’un, peut-être que tout ça ne serait jamais arrivé. Ça me fait réfléchir. Je dis à Yolo :

― Viens, on doit parler à Luc. Il faut qu’on règle, une bonne fois pour toute, nos problèmes avec lui.

Je le vois assis sur le trottoir, la tête posée sur ses mains. Nous nous approchons. Sûr de moi, je lui explique :

― Luc, écoute, maintenant que les choses vont redevenir normales, on veut que tu nous promettes de ne plus nous embêter.

Il nous regarde à tour de rôle, soupire et nous dit en détournant les yeux.

― Ouais, c’est promis… maintenant, laissez-moi tranquille.

Je réalise soudain qu’il est tout seul. Ses parents ne sont pas venus. Ça me fait mal pour lui. Voilà pourquoi il est méchant avec tout le monde.

Ma mère s’approche de nous et me dit :

― Je suis contente que personne n’ait été blessé. En rentrant, si tu veux, je peux te faire un banana split.

J’ai envie de rentrer mais Luc me fait de la peine. Le laisser tranquille, je suis certaine que c’est la dernière chose qu’il souhaite réellement. Ma mère aussi cherche ses parents du regard. Finalement, elle me dit :

― Tu peux inviter Yolo et ton camarade si tu veux.

Je me retourne vers eux :

― Ça vous dit un banana split les gars ?

C’est ainsi que nous avons dévoré notre glace, tous les trois assis sur le canapé du salon. Et devinez quoi, on s’est même vu au journal télévisé ! Quant à R.Viktor, il est retourné au laboratoire pour qu’aucun être humain ne puisse à nouveau le pirater.

Cette expérience a transformé Luc. Il a réalisé que la méchanceté ne sert à rien mais que la gentillesse, elle, apporte l’amitié. Et qu’à défaut d’avoir une famille aimante, il a maintenant deux amis en or.

Mme Legrand a eu son bébé. Et pour fêter ça, nous avons décidé de lui offrir un beau crayon avec gravé dessus « pour une maîtresse irremplaçable ».

FIN

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Un fantôme dans le donjon

Une histoire écrite par Emma Baron

 

Les personnages de l’histoire : Célia, Grégoire et Macaron

Chapitre 1

Un très vieux château

Aujourd’hui, mes parents et moi emménageons dans un château. La neige recouvre la route. A travers la vitre du carrosse, je le découvre. Comme il a l’air vieux avec son pont-levis et ses douves qui le protègent des envahisseurs.

Le soir commence à tomber. Mes parents demandent au cocher de s’arrêter. Deux hommes déchargent les malles. Ma mère se tourne vers moi et me dit :

– Célia, tu vas t’occuper de Macaron pendant que je parle aux valets.

Je hoche la tête et descends du carrosse avec Macaron dans les bras. Macaron, c’est mon renard. Je l’ai trouvé quand il était encore bébé. Il n’avait plus sa maman alors je l’ai adopté.

J’entre dans le château et je pose Macaron sur le plancher. Il est heureux de pouvoir se dégourdir enfin les pattes. Curieuse, je monte à l’étage. J’ai hâte de découvrir ma nouvelle chambre !

Avec Macaron à mes côtés, j’attrape une torche pour m’éclairer car il fait maintenant très sombre. Je ne vois personne et j’ai un peu peur toute seule. L’air froid me fait frissonner. Lentement, j’ouvre la porte de ma nouvelle chambre.

Je n’en crois pas mes yeux, il y a un fantôme dans la pièce ! En l’observant mieux, je devine que c’est un enfant fantôme. Je reste bouche-bée. Je me demande s’il n’est pas dangereux. Au village, on raconte des tas d’histoires horribles sur les fantômes ! Macaron, lui, n’a pas l’air inquiet du tout. Il baille à s’en décrocher la mâchoire. Le fantôme sursaute et se retourne. Oh oh…

Chapitre 2

Grégoire

Je me sauve en claquant la porte ! Mais au milieu des escaliers, je change d’avis. Macaron est resté là-haut et je ne peux pas l’abandonner. Je remonte doucement les marches et j’entre. Le fantôme flotte dans les airs. Mon renard vient se frotter contre le bas de ma robe puis à ma grande surprise, court vers le garçon.

C’est la première fois que je vois un vrai fantôme. Avec prudence, je m’approche de lui. Macaron s’amuse à lui passer au travers. Le fantôme rigole et s’exclame :

– Arrête ! Tu me chatouilles, voyons.

En le voyant rire, toutes mes peurs s’envolent.

Je lui demande :

– Comment tu t’appelles ? Est-ce que tu hantes le château ?

Le fantôme fait bouger les rideaux pour amuser Macaron puis me dit :

– Je m’appelle Grégoire. Ma famille vit dans la forêt. Mais hier, en me promenant, j’ai découvert cet endroit et je me suis tellement amusé à traverser les murs que je me suis perdu. Je ne sais plus de quel côté je suis arrivé.

Soudain, un valet débarque dans la pièce, une malle dans les bras. En apercevant Grégoire, il devient tout pâle et il balbutie :

– Un… un… un… fan…fan… fantôme !

Oh non ! Je n’ai pas le temps de lui expliquer qu’il ne faut pas avoir peur qu’il est déjà parti chercher du secours !

En quelques secondes, mon père et ma mère déboulent dans la pièce accompagnés de trois gardes. Tout de suite, je les rassure :

– N’ayez pas peur ! Les fantômes ne sont pas méchants et Grégoire est très gentil.

Comme pour me soutenir, Macaron se roule à ses pieds.

J’explique à mes parents :

– Papa, maman, Grégoire s’est perdu en venant jouer ici. Il habite avec sa famille dans la forêt. Peut-être pourrions-nous l’aider à la retrouver ?

En silence, les gardes se regardent les uns les autres.

Mon père et ma mère réfléchissent tout en observant Grégoire qui s’amuse avec Macaron. Enfin, ma mère accepte :

– D’accord… on va l’aider à retrouver sa famille.

Grégoire sourit. Macaron remue la queue. Et moi, je suis soulagée. Cependant, une question me hante, comment allons-nous faire ? La forêt est immense…

Chapitre 3

Un royaume bien gardé

Les chiens ont beaucoup de flair mais les renards aussi. En voilà, une idée ! Les fantômes ont peut-être tous la même odeur. J’explique à mes parents ma solution. Sous leurs yeux enthousiastes, j’approche Macaron du fantôme. Le renard le renifle puis se met à courir vers la forêt. Hourra ! Ça fonctionne !

Des torches à la main, nous courons derrière lui. Il fait nuit noire. Grégoire glisse sur le sol à vive allure. Quant à Macaron, il s’enfonce de plus en plus dans la forêt. Mais quelle odeur peut bien avoir un fantôme ?

Après quelques minutes, Macaron s’arrête brusquement et se met à glapir. Au loin, de faibles lueurs apparaissent. Les gardes tremblent.

La mère de Grégoire flotte vers nous.

Bientôt, le petit fantôme est réuni avec les siens.

– J’avais tellement peur de ne plus te revoir, lui dit sa mère en le serrant dans ses bras.

Nous sommes émus d’assister à leurs retrouvailles. Le père de Grégoire me remercie moi et mes parents.

Ma mère met sa main sur mon épaule et me dit :

– Il est temps de rentrer maintenant, tu dois te coucher.

Oh non ! Moi qui venait de me trouver un super ami, qui plus est un fantôme ! Boudeur, Macaron s’assoit au pied de Grégoire. Lui non plus n’a pas envie de partir.

Cependant, ma mère me propose :

– Grégoire peut venir te voir quand il veut.

– Même tous les jours ?

– Si ses parents sont d’accord, bien sûr qu’il peut, répondent en cœur mes parents.

Grégoire et moi sommes supers heureux. Quant à Macaron, il glapit de joie. Comme ça, c’est sûr, avec un fantôme chez nous, on n’est pas prêt de voir un seul ennemi attaquer le château !

FIN

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Le nid d’oiseau

Une histoire écrite par Emma Baron

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« RobinsEggsDSC_3332 » by elliotniman

Margot est une petite fille comme les autres, enfin… presque. Ses cheveux châtain sont très longs et très fins si bien qu’ils sont très difficiles à coiffer. Son papa la surnomme même son petit fauve tellement sa chevelure ressemble à la crinière d’un lion !

Chaque jour, c’est la même chose. Dès que sa maman essaye de passer la brosse dedans, Margot crie :

― Aïe, ouille, tu me fais mal ! Arrête !

― Il faut bien les démêler, lui répond sa maman.

Mais Margot ne veut rien savoir. Cela fait bien trop mal. Elle ne veut plus que l’on touche à ses cheveux, ni maman, ni papa, ni mamie, ni tata, ni personne !

Bien sûr, il y a de nombreux inconvénients a une telle masse de cheveux :

Lorsque Margot déjeune, il lui arrive parfois de les manger. Berk !

Pire encore. Lorsque Margot doit aller aux toilettes, elle les tient en l’air par peur de leur faire pipi dessus.

Et lorsque Margot remonte la fermeture éclair de son manteau, quelques-uns restent toujours coincés. Aïe ! Autant dire qu’elle n’aime pas trop l’hiver.

Mais avoir des cheveux comme les siens est aussi un avantage :

Lorsque Margot fait une bêtise, HOP, elle cache son visage sous sa crinière.

Lorsque Margot boude, HOP, elle ramène tous ses cheveux devant ses yeux.

Enfin, lorsque Margot ne veut pas manger ses légumes, HOP, elle met ses cheveux devant sa bouche.

A l’école, toutes les petites filles ont de belles coiffures : des tresses, des queues de cheval, des couettes mais pas Margot.

Une fois, une petite fille s’est même moquée d’elle. Ce jour là, Margot est rentrée de l’école très triste.

 Le soir, elle a demandé à son papa :

― Dis papa, est-ce que je suis jolie ?

― Bien sûr que tu es jolie, lui a répondu son papa. Tu es même la plus jolie petite fille du monde entier.

Aujourd’hui, sa maman est venue la chercher un peu plus tôt de l’école.

― Où m’emmènes-tu ? demande Margot en faisant traîner son cartable à roulette derrière elle.

― C’est une surprise… répond sa maman.

La devanture du coiffeur apparaît. Margot s’inquiète :

― Je ne vais quand même pas aller chez le coiffeur, hein, dis maman ?

― Est-ce que tu veux essayer ?

 Margot réfléchit.

― D’accord mais si la coiffeuse me fait mal, on rentrera ? Promis ?

― Promis, répond sa maman. Tu vas voir, la coiffeuse a l’habitude des enfants. Elle va te faire une très jolie coiffure.

Margot n’en est pas si sûre mais rassurée par la promesse de sa maman, elle entre.

La coiffeuse dit bonjour à Margot et à sa maman. Une fois la blouse enfilée, Margot s’installe sur une chaise trop haute pour elle. Puis, la dame se penche sur la chevelure et s’exclame :

― Ah oui, en effet, tes cheveux sont très emmêlés.

Margot a très envie de prendre ses jambes à son cou.

La coiffeuse commence par laver les cheveux de Margot. L’eau est tiède et Margot trouve cela plutôt agréable.

Puis, la dame ajoute le shampoing et le fait mousser beaucoup. Elle fait bien attention à ne pas en mettre dans les yeux parce que le shampoing dans les yeux, cela pique très fort et Margot déteste cela !

Enfin, elle verse la bouteille entière de démêlant super extra puissant et puis, elle rince.

Les cheveux de Margot sont maintenant propres. Assise devant un miroir, Margot les regarde étinceler. La coiffeuse prend le peigne et commence le démêlage.

Malheureusement, la crinière de Margot est encore très emmêlée et Margot a très mal :

― Aïe, ouille !

― Il faut souffrir pour être belle, lui dit la coiffeuse.

Mais Margot n’a pas du tout envie de souffrir. C’est même décidé, elle préfère être moche. Elle se sauve et court se cacher sous les chaises de la salle d’attente derrière une énorme paire de jambes.

― Margot ? Sors de ta cachette… l’appelle sa maman.

Mais Margot est très bien là.

― Allez viens, on s’en va… continue sa maman.

Margot réapparaît. La coiffeuse fait les gros yeux. Tant pis pour la belle coiffure. Une promesse est une promesse.

Par un beau matin de printemps, Margot ouvre la fenêtre de sa chambre. En face d’elle, un couple de pinsons est posé sur la branche d’un cerisier. Les oiseaux regardent Margot d’un drôle d’air. Une idée leur trotte dans la tête. Mais laquelle ?

Soudain, ils s’envolent, entrent dans la chambre et se posent sur la tête de Margot. Dans ses cheveux, ils font leur nid en chantant. D’abord surprise puis très contente, Margot les laisse faire, ravie que sa chevelure leur soit si utile.

En faisant attention à ne pas faire tomber le nid, Margot va retrouver ses parents occupés dans la cuisine :

― Papa, maman, des oiseaux ont fait leur nid sur ma tête.

Son papa et sa Maman se penchent pour regarder de plus près en faisant de grands OH et de grands AH.

Bientôt tout le monde connaît l’histoire de Margot : toute sa famille, tous ses amis et même la ville entière. Car il faut bien le dire, elle est l’unique petite fille au monde à accueillir un nid d’oiseau dans ses cheveux.

Depuis, Margot n’ose pas trop bouger. Elle a peur de faire tomber le nid.

Pour dormir, elle reste même assise dans son lit. Avouons-le, ce n’est pas très pratique.

Mais un matin, Margot sent quelque chose de nouveau dans le nid, quelque chose de très fragile… Tout de suite, elle devine ce qui se passe. Avec la démarche d’un funambule sur son fil, elle va retrouver sa maman.

― Le pinson a pondu ses œufs, murmure-t-elle.

Sa maman se penche et regarde :

― Oh ! Oui, tu as raison. Il y en a cinq. Qu’est-ce qu’ils sont beaux !

Margot est bien embêtée. Elle a beau se mettre devant le miroir, elle ne peut pas les voir ! Et elle aimerait tant pouvoir les regarder…

Alors, le lendemain, elle demande :

― Dis maman, est-ce que tu peux couper mon nid d’oiseau ?

― Tu es sûre de toi ? lui demande sa maman en sortant une paire de ciseaux.

― Oui, tu peux !

Commence alors le délicat ouvrage. Blottis l’un contre l’autre, les pinsons ouvrent un œil. CLIC CLAC, CLIC CLAC, CLIC CLAC. Les ciseaux dansent dans la chevelure. Tout à fait réveillés, les oiseaux se réfugient sur les épaules de la coiffeuse improvisée. Curieux, ils la regardent travailler en se demandant à quoi va ressembler Margot.

Voilà, la nouvelle coiffure terminée. Les cheveux de Margot lui arrivent en dessous des épaules. Ses mèches ne vont plus dans ses yeux. Comme elle se sent légère ! Si elle avait su, elle aurait essayé avant !

― Et le nid, maman ? demande Margot qui trépigne d’impatience.

Sa maman le pose délicatement dans ses mains. Émerveillée, Margot contemple les jolis petits œufs bleu moucheté. Puis, elle sort dehors et installe le nid sur une branche de cerisier en faisant bien attention. Voilà, les pinsons ravis. Vivre sur la tête d’une petite fille n’était pas de tout repos.

Dorénavant, chaque matin, Margot se fait brosser les cheveux par sa maman. Bien sûr, parfois Margot a encore un peu mal mais plus autant qu’avant. Et surtout, chaque jour, Margot a droit à une nouvelle coiffure qui l’enchante :

Deux pompons sur la tête le lundi,

Une queue de cheval le mardi,

Une tresse brésilienne le mercredi,

Un chignon de danseuse le jeudi,

Quatre barrettes de chaque côté de la tête le vendredi,

Des couettes avec de jolis élastiques le samedi

Et un beau serre-tête le dimanche.

Et chaque matin, après avoir été coiffée, Margot court regarder les œufs bleus en espérant voir les oisillons casser leur coquille. Heureusement, elle n’a pas à attendre très longtemps. Quelques jours plus tard, le papa et la maman pinson sont agités.

CRIC CRAC, CRIC CRAC, CRIC CRAC. Voilà, les œufs qui éclosent. A peine sortis, les oisillons ouvrent en grand leur bec. Curieuse, Margot les observe bien au chaud dans leur nid de cheveux.

Et le jour où les oisillons prennent leur envol, Margot décide d’apprendre à se coiffer toute seule et depuis, elle n’a plus mal du tout !

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Norbert, le petit ver de terre

Une histoire écrite par Emma Baron

Il était une fois un petit ver de terre qui s’appelait Norbert. C’était le début de l’automne et Norbert était tout déprimé.

Tristement, il regardait son reflet dans une flaque d’eau et il se disait : « A quoi je sers ? Je n’ai ni pattes, ni bras. Je suis tout mou et pas bien grand. »

Il décida donc d’aller voir ses amis pour lui remonter le moral.

Sur la branche d’un rosier, Isabelle la coccinelle chassait des pucerons.

« Bonjour, lui dit Norbert. Que fais-tu aujourd’hui ? »

« J’empêche ce beau rosier de se faire manger. Viens vite me rejoindre, Norbert. »

Alors Norbert s’enroula sur la tige mais une épine le piqua et il glissa.

« Aïe ! cria-t-il. Sans bras pour m’accrocher, autant abandonner. »

Le vent se levait. Du ciel, UNE feuille tomba et Norbert s’en alla.

Sur une pierre, Dédé le scarabée, sa carapace bien lustrée, regardait le soleil.

« Bonjour, lui dit Norbert. Que fais-tu aujourd’hui ? »

« En Égypte, je suis comme un roi. Est-ce que tu veux venir t’asseoir avec moi ? »

Norbert accepta et réussit à grimper sur la pierre. Mais bien vite il déchanta, car le soleil asséchait sa peau.

« Ouille, cria-t-il. Je ne peux pas rester comme toi au soleil. »

Et Norbert redescendit en se disant que, décidément, il n’était pas fait pour cette vie.

Le vent soufflait légèrement. Du ciel, DIX feuilles tombèrent et Norbert s’en alla.

Sophie la fourmi découpait un quignon de pain laissé sur le chemin.

« Bonjour, lui dit Norbert. Que fais-tu aujourd’hui ? »

« C’est bientôt l’hiver ! Je fais des réserves, expliqua Sophie. Tu veux m’aider ? »

Norbert accepta. Il tenta de découper un petit morceau mais sans mandibules, il ne fit que des bulles.

« Décidément, pensa Norbert, ça non plus, ce n’est pas pour moi ».

Le vent soufflait fortement. Du ciel, CENT feuilles tombèrent et Norbert s’en alla.

Avec difficulté, Didier le bousier déplaçait une énorme boule qui sentait bien mauvais.

« Bonjour, lui dit Norbert. Que fais-tu aujourd’hui ? »

Didier lui répondit : « Je pousse ma boule de crotte. Tu veux m’aider à la faire rouler ? »

Norbert le regarda d’un air un peu dégoûté mais voulu bien essayer. Malheureusement, sans bras pour la guider, Norbert la fit rouler du côté opposé.

« Comme je suis maladroit ! » s’excusa-t-il.

Le vent soufflait violemment. Du ciel, MILLE feuilles tombèrent et recouvrirent la terre.

Quant au petit ver de terre, découragé, il rentra chez lui pleurer.

Mais quelle ne fut pas sa surprise d’y trouver tous ses amis !

Isabelle la coccinelle, Dédé le scarabée, Sophie la fourmi et Didier le bousier s’étaient tous réunis.

« Les feuilles ont tout recouvert et nous ne pouvons plus rien faire. » expliquèrent-ils, très malheureux.

Le petit ver de terre eut alors une idée. Avec appétit, il grignota les feuilles et les réduisit en bouillie. De la belle terre apparut sous les yeux épatés de ses amis qui tous lui dirent merci. Quant à Norbert, il en fut très heureux et retrouva enfin son sourire.

 

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Les vacances de Nono l’escargot

Une histoire écrite et illustrée par Emma Baron

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C’est enfin l’été et Nono l’escargot a décidé de partir en camping.

« Comme c’est pratique d’avoir sa maison sur son dos, pas besoin d’une caravane ou d’une tente. » pense l’escargot tout content.

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Mais avant de partir, Nono va faire quelques courses pour acheter tout ce dont il pense avoir besoin pour ses vacances.

Dans le magasin Toupacher d’à côté, Nono entre.

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Là, il rencontre Ignace la limace, son ami, qui essaye un chapeau.

Nono lui dit : « Bonjour Ignace. Demain, je pars en vacances ! »

« Ah bon ? lui dit Ignace. Où pars-tu ? »

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« Au camping Salade Paradis. Il y a des légumes à volonté et une grande piscine pour baver. Et toi, est-ce que tu vas quelque part ? » 

« Non… je ne pense pas. » soupire Ignace qui lui aussi aurait aimé partir en vacances.

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Dans le magasin, tout fait envie à Nono. Il voit :

Une énorme bouée en forme de feuille de salade.

Un canoë creusé dans un champignon séché.

Un grand flacon d’huile anti-pesticide.

Une couverture chauffe-coquille.

Mille conserves de chou bouilli faciles à réchauffer.

Et un pot de brillantine pour lustrer sa coquille.

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C’est bien simple, Nono décide de TOUT acheter !

Le voilà qui tente de rentrer ses achats dans sa coquille…

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mais CATASTROPHE, sa belle, sa parfaite, sa lisse coquille grise CRAQUE !

« AIE ! » crie Nono.

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Ignace accourt.

« Ça va ? » lui demande la limace, inquiète.

« Non ! répond l’escargot, ma coquille est fissurée et je ne peux pas vivre sans elle. »

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Ignace comprend que c’est grave. Vite, il compose le 15 et appelle le SAMU.

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Une ambulance emmène le pauvre Nono à l’hôpital. Ignace est à ses côtés.

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Une fois sur place, le docteur Gastéropode examine l’escargot.

« J’ai bien peur qu’il faille remplacer votre coquille. »

Nono gémit : « Mes vacances sont fichues. »

« Mais non ! On va vous faire une coquille mieux que celle que vous aviez. »

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Nono relève la tête et demande : « Vraiment ? Est-ce que je peux la choisir ? »

« Mais oui ! » répond le médecin.

Nono est soulagé et Ignace est tout heureux pour son ami.

Le docteur montre un catalogue à Nono. Il y a :

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La coquille toute simple.

« Oooh ! » s’exclame Nono.

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La coquille Tour Eiffel.

« Cette coquille est très élégante mais pas très pratique. » se dit Nono.

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La coquille en verre super résistant.

Nono réfléchit : « Oh non ! Tout le monde va me voir tout nu. »

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La coquille chalet montagnard

Nono réfléchit : « Mmm, non, je ne vis pas à la montagne et l’été j’aurai trop chaud. »

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La coquille pyramide

Nono réfléchit : « Non, celle-ci est bien trop sombre sans fenêtres ! »

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La coquille château fort

Nono réfléchit : « Non, beaucoup trop lourde ! »

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La coquille double étages.

Nono réfléchit : « Mmm,  j’ai peur de tomber sur le côté avec celle-ci.»

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Et la coquille tipi.

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Nono hésite puis se décide. Le docteur fabrique une nouvelle coquille pour Nono qui est tout content. Mais quelle coquille a-t-il bien pu choisir ?

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La coquille toute simple bien sûr !

Quand elle est terminée, l’escargot la montre à la limace.

« Comme elle est belle ! » lui dit Ignace, émerveillé.

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Puis Nono invite la limace à l’intérieur.

« Je pense qu’elle est assez grande pour que tu puisses emporter tous tes achats, lui dit Ignace, te voilà fin prêt à partir en vacances. »

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« En effet ! lui répond l’escargot, mais avant, il faut que je retourne au magasin. Tu veux venir avec moi ? ».

Ignace accepte. Et les voilà tout deux repartis.

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Sur place, Nono ressort de sa nouvelle coquille tout ce qu’il a acheté et dit au vendeur :

« Vous pouvez tout reprendre. »

Le vendeur fait la grimace.

Surpris, Ignace demande : « Tu ne veux plus partir ? »

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« Oh, mais si ! répond Nono, mais je préfère emmener un ami plutôt que des choses dont je n’ai pas vraiment besoin. Est-ce que tu veux bien venir avec moi ? Il y a de la place pour deux dans ma nouvelle coquille. »

Ignace est fou de joie. En voilà une bonne nouvelle, lui qui rêvait d’aller au soleil !

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Et c’est comme cela que Nono l’escargot et Ignace la limace passèrent des vacances extraordinaires à s’amuser et à baver, à rire et à chanter jusqu’à la fin de l’été.

histoires

Comme avant

Un texte écrit et illustré par Emma Baron (en cours)

Au commencement,

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Une rivière calme et tranquille ondule au milieu d’un vieux village.
Dans ce vieux village, le facteur fait sa tournée du matin.

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Le voilà qui s’arrête devant une petite maison blanche aux volets bleus.
Juliette, la petite fille qui vit ici, court lui dire bonjour.

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Par la fenêtre, sa maman l’appelle en chantant.
Les lettres dans ses mains, Juliette entre dans la maison.
Elle pose le courrier sur la grosse commode de l’entrée.
Puis, elle va dans le salon pour sa leçon de piano.

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Sa maman est pianiste.
Assise à côté d’elle, Juliette joue un air de Chopin.
Les notes dansent dans le salon.
Elles s’envolent par la fenêtre grande ouverte.

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La voisine, une très vieille dame, est assise sur un banc.
En souriant, elle écoute la mélodie en respirant le parfum des roses trémières.
Dans l’allée, son chat se roule dans la poussière.
Puis, il s’allonge au soleil et tend l’oreille, les yeux fermés.

 

Et puis vient la pluie…

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Le lendemain, il se met à pleuvoir très fort sur le vieux village.
Le tonnerre gronde.
La pluie tombe.
Encore et encore.
Elle réveille la rivière qui sort de son lit.

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Aujourd’hui, il n’y a personne dans les rues.
Même le facteur est resté chez lui.

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Chez Juliette, la fenêtre est fermée.
Assises au piano, elle et sa maman regardent les gouttes de pluie taper sur la vitre.

 

 

 

 

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La voisine est chez elle, elle aussi.

Son chat est couché, pattes en rond, sur ses genoux.

 

 

 

 

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Soudain, dans les maisons du village, l’eau entre en passant sous les portes.
Beaucoup d’eau.
Beaucoup trop d’eau.

 

 

 

 

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Juliette et sa maman sortent dehors.

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La petite grand-mère aussi.
Elle tient son chat dans ses bras.
Inquiet, il regarde l’eau monter.

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Dans les rues, toutes les maisons sont dans l’eau.
Les arbres, les voitures, tout est inondé.
Le paysage n’est plus le même.
Plus rien n’est comme la veille.

comme_avant_p14Bientôt, des pompiers naviguent en canoë.
L’un d’eux aperçoit Juliette et sa maman, la voisine et son chat.
Vite, il s’approche.
Vite, il les aide à monter dans la barque.

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Juliette se blottit contre sa maman,
Le chat se blottit contre la vieille dame.
Et le canoë repart.

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Au loin, sur une colline, la salle des fêtes apparaît.
Aujourd’hui, il n’y a pas de mariage.
Aujourd’hui, il n’y a pas d’anniversaire.
Les pompiers dirigent les canoës vers la berge.

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Tout le monde entre dans la salle des fêtes.
Des personnes distribuent de l’eau et des couvertures.
Des personnes déplient des matelas sur le sol.

Juliette apprend ce jour-là que c’est ça, la solidarité.
Des gens qui pensent aux autres.
Des gens qui aident les autres.
Des gens qui donnent.
Du temps.
Et aussi un peu d’eux-même.

Tout le village s’est réfugié dans la salle des fêtes.
Sa maman conduit Juliette dans un endroit de libre.
Elles s’assoient sur un matelas.
La petite grand-mère est assise à côté d’elles.
Elle caresse son chat qui ronronne.

Et tout recommence…

Le lendemain, Juliette se réveille.
Elle n’est pas chez elle.
Elle se souvient.

Dehors, le soleil est revenu.
Les oiseaux se baignent dans les flaques d’eau.
L’eau commence à baisser.

Quelques semaines passent.
Le temps s’écoule plus lentement quand on est loin de chez soi.
La rivière est retournée dormir.

Les habitants rentrent chez eux.
Juliette et sa maman aussi.
Dans la petite maison blanche, tout est dévasté.

On retrousse ses manches.
On sort les meubles.
On lave tout.

Et puis, quand la maison est propre,
On repeint les murs.
La commode revient à sa place.
Et le piano aussi.

A bicyclette, le facteur s’arrête mettre le courrier dans la boîte aux lettres.
Les notes de musique s’envolent par la fenêtre du salon.
La petite grand-mère sort sur son palier écouter la mélodie.
Et son chat s’allonge au soleil pour se rouler dans la poussière.
Comme avant.

 

histoires

Le journal de Melly

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Texte de Emma Baron

Pour ma fille


Le 11 Août

Cher Journal,

Et voilà, l’école recommence déjà ! Cette année, je suis en grade 2. Le grade 2 correspond au CE1 en France. Et oui, je suis née aux États-Unis mais mes parents sont français. Je suis donc française et américaine. Souvent, je me demande comment c’est d’aller à l’école en France, si tout est pareil qu’ici à Atlanta. Atlanta, c’est la capitale de l’État de la Géorgie.

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Demain, je vais recevoir toutes mes affaires scolaires en classe. A vrai dire, il n’y a pas grand-chose : un classeur avec un cahier de texte intégré, un crayon de papier, une gomme, un tube de colle, une paire de ciseaux et une boîte de crayons de couleur. Ma mère m’appelle. Je dois partir.

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Me revoilà. Ma mère est en train de préparer ma lunch box pour demain. La lunch box est une boîte où il y a mon déjeuner du midi. J’ai échappé au pire : la salade de thon ! Comme c’est la rentrée, j’aurais droit à mon sandwich préféré : du beurre de cacahuète et de la confiture de fraise étalés ensemble sur du pain de mie. Ma mère a toujours trouvé ça bizarre mais ici tous les enfants en mangent.

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Aïe, c’est l’heure du bain. Franchement, comme si j’étais sale, j’ai déjà pris une douche la semaine dernière.

A demain !

Melly


Le 12 Août

Cher Journal,

Ce matin, c’était dur de me lever à 7h. Ma mère a dû me tirer du lit. Aujourd’hui, j’ai rencontré ma nouvelle maîtresse, Miss Mottin. Elle a l’air très gentille. Mais la bonne nouvelle, c’est que je suis dans la même classe que Kyla, ma meilleure amie. Comme ils refont les classes tous les ans, on ne sait jamais avec qui l’on va être.

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Voici mon école !

A bientôt !

Melly

Ps : j’ai oublié de te dire que je t’ai donné un nom ! Voilà maintenant, tu t’appelles Joe ! J’espère que ça te plaira.


Le 15 Août

Chère Joe,

J’ai repris mes habitudes. Ce matin, en classe, la main sur le cœur, j’ai récité l’allégeance au drapeau américain. C’est un petit texte pour dire que l’on respecte notre pays. Malheureusement, ma mère aussi a repris ses habitudes… à 10:30, je me suis aperçue qu’elle avait oublié de me donner ma lunch box !

No Child Left Behind, Seattle, USA

Heureusement, j’ai pu manger un Mac and cheese à la cantine.

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Je dois aller faire mes devoirs pour demain : lire vingt minutes (en ce moment, je lis la série Magic treehouse) et terminer mes maths.

Bisous Joe !

Ps : Ce ne sont pas des photos que j’ai prises. J’ai trouvé celles-ci sur un site internet mais ma classe ressemble beaucoup à ça !


Le 18 Août

Ma très chère Joe,

Ce samedi, j’ai pu inviter Kyla à la maison. On a joué dehors tout l’après-midi malgré les nuées de moustiques et la chaleur étouffante. La Géorgie a un climat sub-tropical. On a l’impression d’être dans une serre. 

Ma mère nous a installé une petite piscine sur la pelouse. Pour le goûter, on a dévoré des glaces Cookie’s N Cream (c’est de la crème glacée avec des morceaux de cookies dedans) et on a pris plein de photos de nous avec l’appareil photo que mamie m’a envoyé de France Noël dernier. C’était drôlement chouette !

Bonne soirée Joe !

Melly


Le 5 Septembre

Chère Joe,

Ça fait longtemps que je n’ai pas écrit. J’ai été très occupée à l’école. J’étais triste hier car la maîtresse m’a disputée. Tout ça parce que j’ai écrit mes devoirs de maths au stylo au lieu de les écrire au crayon de papier… J’en ai marre. Avec ma mère qui me dit toujours d’écrire au stylo, je n’ai pas fait attention.

Heureusement, en rentrant de l’école, j’ai reçu mon « J’aime lire »  par la poste. Ça m’a remonté le moral ! Je l’ai ajouté à ma collection de magazines ! Le seul problème, c’est lorsque ma mère me demande de les ranger…

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Bisous Joe,

Melly


Le 13 Septembre

Joe !

Aujourd’hui, j’ai eu un contrôle de maths. Pourtant, au début, j’ai bien cru qu’il allait être annulé car il y a eu une coupure de courant dans l’école. Et comme les élèves passent les contrôles sur les ordinateurs de la classe, Kyla et moi, on a sauté de joie jusqu’à ce que l’électricité revienne deux minutes plus tard. Pas de chance ! Enfin, je pense que j’ai réussi. Kyla en est moins sûre, elle. Le pire, c’est l’attente du bulletin de notes. Il faut le remettre aux parents et le faire signer. Et en plus on en a 4 dans l’année !

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Bisous ! XOXO

Melly


Le 19 Septembre

Ma chère Joe,

J’ai une bonne nouvelle, je sais enfin nager le crawl, et j’ai eu ma ceinture jaune en karaté.

Bon par contre, le truc moins drôle de cette semaine, c’est que mon père veut absolument que j’apprenne à me servir d’une règle ! Et comme on n’en utilise pas à l’école, j’ai dû mal à tracer des traits sans bouger. Je me demande si en France, les enfants utilisent des règles, eux ? J’aimerais bien y aller un jour juste pour voir !

Bonne soirée Joe,

Melly


Le 21 Septembre

Joe !

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C’est mon anniversaire ! J’ai 8 ans. Mon père m’a fait un gâteau au chocolat et ma mère a préparé une petite fête pour moi. Kyla m’a offert son livre préféré. A l’intérieur, elle avait caché une carte d’anniversaire avec des dessins. J’adore Kyla. C’est vraiment une super copine. J’ai peur de déménager un jour en France. Je ne pourrais plus la revoir. Parfois, j’entends mes parents parler de ça et ça m’inquiète. Je veux rester vivre aux États-Unis pour toujours !

Bisous Joe !

Melly


Le 1er Octobre

Ma très chère Joe,

Voilà mon mois préféré : octobre. C’est bientôt Halloween ! Dimanche, j’ai aidé ma mère à décorer le devant de la maison. On a accroché des araignées géantes dans les arbres et collé des chauves-souris sur les murs. Je suis aussi allée choisir mon costume. Cette année, je serai une sorcière. Vivement la fête de l’école, même les maîtresses et le directeur se déguisent ! C’est super chouette.

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C’est moi sur cette photo. Je t’ai pas dit mais ma mère est maîtresse… si si, alors je dois faire du français tous les jours ! La vie est trop injuste.

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Bisous Joe

Melly


Le 1er Novembre

Coucou Joe,

Halloween, c’était hier. Je suis allée chercher des bonbons avec Kyla.

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Il y avait de la musique dans les rues et des gens déguisés partout. Mon père s’est déguisé en Français. Il a de drôle d’idées parfois. Ma mère a réussi à lui trouver un béret, une chemise à rayures bleues et il a pris une vraie baguette de pain. Mais le costume qui m’a le plus marqué, c’était celui de Kyla ! Elle était déguisée en part de pizza géante ! Maintenant, j’ai tellement de bonbons que j’en ai pour tout le reste de l’année !

A plus tard Joe !

Melly


Le 15 Novembre

Ma Joe,

Cette semaine, c’est la semaine anti harcèlement scolaire.

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Pour montrer que l’on est contre, nous devons porter quelque chose de spécial chaque jour. Aujourd’hui, tous les élèves se sont habillés en rouge et demain, tout le monde devra porter des lunettes de soleil. Miss Mottin nous a lu un livre sur la gentillesse. On a dû ensuite réfléchir à ce que l’on pouvait apporter aux autres pour les rendre heureux. Kyla et moi, on a tout de suite eu plein d’idées et la maîtresse a montré notre affiche à la classe. J’ai reçu le diplôme « ouverte à la différence ». Mes parents étaient fière de moi. Ma mère l’a même accroché sur le frigo.

Bisous Joe.

Ps : sur l’affiche, il y a écrit « tous différents, tous égaux » 


Le 27 Novembre

Bonjour Joe !

Je suis en vacances pour une semaine et aujourd’hui, c’était Thanksgiving ! C’est une fête très importante ici. Les Américains font un repas en famille pour l’occasion. Miss Mottin nous a demandé de faire une liste de trois choses pour lesquelles on est reconnaissant.

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Voici la mienne :

– Je suis reconnaissante d’avoir des mamies qui pensent toujours à moi.

– Je suis reconnaissante d’être en bonne santé.

– Je suis reconnaissante d’avoir Kyla dans ma vie.

A plus Joe !

Melly


Le 10 Décembre

Salut Joe !

Je viens de finir ma liste de cadeaux pour Noël. Cette année, j’aimerai le jeu de construction du manoir hanté, le jeu des potions magiques et surtout les poupées que ma mère déteste. J’ai aussi commencé à préparer des cadeaux pour toute la famille : une boule à neige pour papa que j’ai fait avec un pot de confiture et du parfum pour maman que j’ai fait en mélangeant du savon liquide et de la cannelle.

J’espère que ça leur plaira. Maintenant, il faut que je trouve quelque chose pour Kyla !

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Voilà mes cadeaux prêts à être emballés !

Bonne nuit ! XOXO

Melly


Le 14 Décembre

Coucou Joe,

Mes parents viennent de me dire que l’on ne rentrera pas en France pour Noël car les billets d’avion sont trop chers. Je suis super déçue. Mes grand-parents me manquent. Alors mes parents ont appelé mes mamies sur internet. J’ai pu les voir et leur parler. Chacune m’a dit que j’allais recevoir bientôt un colis. Maintenant, je vais guetter le facteur tous les matins !

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Sa voiture ressemble à ça

Bisous !

Melly


Le 20 Décembre

Ma chère Joe,

Je suis en vacances ! Ce matin, maman m’a aidé à faire des cookies au chocolat.

Quand ils ont été froids, je les ai mis dans une petite pochette que j’ai glissé dans la boîte aux lettres. J’ai remonté la petite manette rouge qui est dessus pour dire au facteur qu’il y avait quelque chose pour lui. Derrière la fenêtre, je l’ai guetté. Quand il a vu mon cadeau, il a sourit. Il m’a écrit une petite carte pour me dire merci. Qu’est-ce que ça me rend heureuse de faire des cadeaux aux autres !

Bisous XOXO

Melly


Le 24 Décembre

Ma chère Joe,

Les colis sont arrivés hier ! J’étais super contente. Mes mamies ont mis plein de petits cadeaux pour moi et pour mes parents. Il y avait tout un tas de produits français que l’on ne trouve pas ici comme la pâte d’amande rose ou les fraises Tagada ! Avec ma mère, nous sommes allées poster nos cadeaux pour elles. Je leur ai fait plein de dessins. J’espère qu’elles seront contentes. Vivement cet été que j’aille les voir. Elles me manquent beaucoup.

Maintenant, c’est l’heure du réveillon et de la bonne bûche de Noël. Miam !

C’est moi qui ai mis les décorations dessus !

Bonne soirée Joe

Melly


Le 6 Janvier

Chère Joe,

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Je suis retournée à l’école ce matin. J’étais contente de revoir Kyla. Pendant la récréation, on a vu un raton laveur dans un arbre. J’ai lancé la pomme de mon déjeuner près de lui mais il s’est caché dans le creux du tronc. Demain, j’irai voir si elle a disparu.

Bisous !

Melly


Le 23 Janvier

Salut Joe !

Le raton laveur n’est jamais revenu. Par contre, hier soir, j’ai entendu des coyotes dans le jardin. Ça m’a fichu la frousse. Aujourd’hui, il pleut et il fait froid mais il ne neige pas ! J’aurais tellement aimé voir la neige. La dernière fois qu’il a neigé à Atlanta, j’étais un bébé. Je n’ai jamais fait de luge. Demain, je vais commencer à faire mes cartes de Saint-Valentin car ici, on en offre à tous ceux qu’on aime : les parents, les amis, les amoureux et tous nos camarades de classe. Il y a dix-sept élèves, ça fait beaucoup de cartes à faire !

A plus tard !

Melly


Le 4 Février

Ma Joe,

Hier à l’école, un policier est venu dans la classe pour nous parler des armes à feu.

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J’ai tout de suite pensé à Kyla car ses parents en ont trois chez elle. Elles sont sur l’étagère du salon. Le policier nous a dit de ne pas y toucher car elles sont dangereuses et peuvent provoquer des accidents mortels ! Kyla, elle, a déjà tiré sur des boîtes de conserve avec une vraie arme. Je ne savais même pas que c’était possible ! Moi, les armes me font peur et je n’ai pas l’intention d’y toucher un jour !

Bonne nuit Joe,

Melly


Le 15 Février

Ma chère Joe,

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Aujourd’hui, c’était la book fair à l’école. Pour l’occasion, la salle de musique a été transformée en librairie. Ma mère est allée aider à disposer les livres sur des étagères pour les vendre. Tous les ans, l’école collecte beaucoup d’argent grâce à ça. Ainsi, elle peut acheter de nouveaux livres pour la bibliothèque.

A mother opossum with its four babies on the pavement

J’en ai acheté deux et en rentrant cet après-midi, j’ai vu un opossum avec ses petits sur son dos !

Je dois y aller.

A plus tard.

Melly


Le 25 Mars

Salut Joe !

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C’est la saison du pollen. Comme il y a beaucoup d’arbres et de fleurs en Géorgie et bien quand elles s’ouvrent, le pollen se répand partout ! Les rues, les voitures deviennent jaunes ! Donc voilà, j’éternue depuis hier et j’ai été obligée de reprendre mon traitement contre mon allergie au pollen. Quand à ma mère, elle porte un foulard sur son nez pour m’emmener à l’école… on dirait un bandit. La honte !

Gros gros bisous ! XOXO

Melly


Le 30 Mars

Hi Joe !

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Lundi, un athlète est venu dans la classe pour nous parler de son handicap. Il avait une jambe en métal ! Il nous a dit de toujours croire en nos rêves, que lui était devenu champion aux jeux para-olympiques et qu’il avait même gagné une médaille d’or. Je me demande ce que je ferais plus tard. J’hésite entre astronaute, cuisinière et acrobate de cirque.

Bisous !

Melly


Le 3 Avril

Joe,

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J’ai passé une journée horrible. Il y a eu une alerte à la tornade. Il y en a tous les ans et je n’aime pas ça surtout quand ça arrive à l’école. Tous les élèves ont dû rester en position de sécurité pendant deux heures ! J’ai dû rester en boule, loin des fenêtres, mes mains sur la nuque. Mais ce qui m’a le plus inquiété, c’est ma mère. J’avais peur qu’elle sorte de la maison pour venir me chercher. Heureusement, quand l’alerte a été levée, elle m’a dit que tout le monde avait été prévenu. La tornade est passée près de mon école mais n’a pas fait de dégâts. Vivement que la saison se termine !

Bonne soirée Joe,

Melly


Le 1er Mai

Salut Joe,

Hier soir, j’ai aperçu les premières lucioles.

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Il commence à faire très chaud dehors. Le matin, tous les toits « fument »  à cause de l’évaporation. Evaporation, not smoke

Les colibris sont revenus. J’ai rempli leur mangeoire avec du nectar que j’ai fabriqué moi-même avec du sucre et de l’eau. J’ai aussi mis des graines pour les Geais bleus et les Cardinaux. A la fin du mois, je suis enfin en vacances d’été !

Bisous ! XOXOXOXOXO

Melly


Le 8 Mai

Ma chère Joe,

J’ai reçu mon bulletin de notes hier. Je n’ai eu que des A alors mes parents vont m’emmener au cinéma pour fêter ça. Je sais déjà ce que je vais choisir comme pop-corn : celui au caramel !

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C’est mon préféré ! Par contre, je ne sais pas quel film je vais aller voir, ce sera la surprise !

Bonne soirée,

Melly


Le 15 Mai

Joe,

Je me suis fait punir pendant la cantine. Avec Kyla, on s’est mise à chanter et à rire et puis la surveillante est arrivée. On a dû rester contre le mur les mains sur la tête pendant une demi heure. Du coup, je n’ai pas eu le temps de manger et ma mère m’a disputé parce que ma lunch box est revenue pleine. En plus, l’école a une application sur internet où les parents voient tous les jours si on a des bons ou des mauvais points.

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Alors, je me suis fait disputer une deuxième fois ! Vivement les vacances…

Je vais me coucher.

Melly


Le 22 Mai

Salut Joe,

Aujourd’hui, c’était « Field day ». Tous les élèves ont passé la journée sur le terrain de foot de l’école à faire des jeux. Celui que je préfère c’est la course en sacs mais j’aime aussi le jeu de l’éponge où on doit passer à son voisin, sans se mouiller, une éponge gorgée d’eau au dessus de notre tête. Je me suis beaucoup amusée.

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Bisous !

Melly


Le 23 Mai

Hey Joe,

C’est bientôt les vacances ! J’ai hâte de revoir mes grand-parents. Ça fait un an que je ne les ai pas vues. Mais je n’aime pas l’avion, 9h de vol c’est long et en plus la pression fait mal aux oreilles.

Melly


Le 15 Juin

Coucou Joe !

Mes voisins, Mr and Mrs Reynolds, ont fait un barbecue dehors pour tout le quartier. Il y avait plein de bonnes choses à manger comme des grits (plat Indien composé de maïs mélangé à du lait), de la salade de pomme de terre et du red velvet cake. Je me suis bien amusée !

Bisous !

Melly


Le 1er Juillet

Ma chère Joe,

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Je suis arrivée hier en France. Inutile de dire que je me régale, surtout avec les pâtisseries. Mmm, les éclairs au chocolat et les chaussons aux pommes ! Aux États-Unis, il faut conduire longtemps pour en trouver des comme ça. Par contre, je souffre du décalage horaire. C’est très embêtant. Ici, je dors jusqu’à midi car pour moi c’est encore la nuit. En fait, quand il est 8h du matin en France, il est 2h du matin à Atlanta. Je suis très fatiguée. Il va me falloir quelques jours pour m’habituer.

Bisous

Melly


Le 3 Juillet

Coucou Joe,

Hier, papy et mamie m’ont emmené en ville où j’ai rencontré une petite fille française. Elle connaissait le hopscotch (on dit marelle en français) mais aussi Tag (chat) et Hide and seek (cache-cache). Comme quoi, les enfants Français ne sont pas si différents des enfants Américains ! J’espère la revoir demain. Vive les vacances !

Gros bisous !

Melly


Le 28 Juillet

Coucou Joe,

Les vacances c’est déjà finies. Je repars demain à Atlanta.  Mes mamies vont me manquer terriblement. Dire qu’il va falloir que j’attende 1 an avant de les revoir… c’est interminable. J’aimerai rester en France pour toujours !

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Je dois aller préparer ma valise. Je vais mettre tous les coquillages que j’ai ramassé hier sur la plage dedans.

Dire que dans 15 jours, je rentre en grade 3 ! Le temps passe vite et pas vite à la fois…

Bisous Joe

Melly